mercredi 18 janvier 2017

Dur mercredi

Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d'étain

Dur, dur, le monde, et pas seulement quand on a faim.
Quelques duretés autour de nous.

Le froid est dur, mais tout est relatif. A Paris, le premier vrai jour de grand froid depuis pas mal d'années, mais cela ne devrait durer que quelques jours. A Reims, froid de canard sur canal gelé. Dure, dure, la glace.


Hébergement d'urgence, mise à l'abri des SDF, protection des personnes fragiles. Tout le monde parle pourtant plus d'alimentation en électricité puisque la plupart des SDF ne votent pas. Réunion ministérielle sur la mise en œuvre du plan « grand froid » à l'Elysée, ce matin tôt. Bof. On remarquera plutôt le premier concert des Enfoirés à Toulouse aujourd'hui pour les restos du coeur. Histoire de réchauffer un peu les coeurs et les ventres.

Dure, dure, la majorité au Parlement européen. On est passé d'une alliance à l'allemande à un combat de camps et c'est la droite libérale, conservatrice et dure qui l'a gagné. Le nouveau président du Parlement est donc un représentant de la droite riche et dure. Etant donné que le Parlement va jouer un rôle de plus en plus important à l'avenir, on ne peut que s'inquiéter de cette radicalisation droitière. Mais finalement, elle est bien représentative d'une droitisation générale, avec un soutien implicite mais réel des populistes (de droite et d'extrême droite).

Dur, dur, le Brexit. Theresa May a dévoilé son plan pour la séparation et le choix a penché fortement du côté d'un Brexit dur comme on dit dans les médias. Et ça pourrait être encore plus dur si l'UE n'est pas coopérative (le plus dur possible)... Plus dur que ce qui a été annoncé ? Moins dur, on sait ce que c'est, c'est mou, mais plus dur que dur c'est quoi, aurait dit Coluche ? Un chantage ou une négociation commerciale ? Plutôt une attitude classique en diplomatie internationale du type "Ce qui est à moi est à moi; quant à ce qui est à toi, négocions", une phrase attribuée tour à tour à Staline, Hitler ou aux diplomates du pays que vous détestez (je vous laisse compléter). Les européens sont prévenus. La menace est celle d'un arrêt des importations ou de la création d'un paradis fiscal à quelques encablures du continent - un peu plus grand que les îles anglo-normandes - sans oublier les nombreux citoyens de l'UE et du Royaume-Uni qui vont et viennent entre les deux continents à la dérive. Et sans compter le poivre Trump qui ne manquera pas d'envenimer les blessures.

Dur, dur, d'ailleurs pour Trump, que cette grâce au dernier moment du héros de WikiLeaks (Bradley Chelsea Manning) ou du traître à la patrie, selon votre opinion. Après seulement sept ans de prison, elle sera libérée en mai, sauf si Trump trouve une parade d'ici là. Un coup dur pour le bientôt président qui augure bien d'une passation glaciale du pouvoir, dans une Maison-Blanche de givre.

A une autre échelle, bien plus basse sur le thermomètre de la politique mondiale, on notera hier la gifle de Valls par un illuminé. Dur, dur. Plus dure moralement et politiquement que physiquement, c'est certain. Une baffe physique avant une baffe électorale ? Ou au contraire un sain rappel viril pour un homme politique qui affiche sa gestion virile ? Il est évident en tous cas que cet épisode fera oublier le reste de sa tournée du jour, à Lamballe. Les routes de France, dures et gelées, sont sillonnées par des candidats en ce moment. On espère qu'ils ne vont pas déraper.


PS : un peu de douceur dans ce monde de brutes, plus particulièrement pour les futurs voyageurs au Japon.

mardi 17 janvier 2017

Facteur vent ? Coup de froid climatique et politique

En France, on se met à parler basse température dès qu'il y a une petite brise fraîche, ce qui fait bien rigoler les québécois entre autres. On a beau alerter sur le fait qu'on est en hiver (au creux même de l'hiver entre mi-janvier et mi-février) et que cet épisode de froid est tout ce qu'il y a de plus normal, on ne se refait pas. Dès qu'il y a un centimètre de neige ou de glace, le pays crie au scandale et critique le gouvernement. C'est juste un signe de plus que la France est plutôt un pays du Sud.

La température ressentie, ou facteur vent comme on dit plus souvent, ou refroidissement éolien pour faire pédant, est ce qui caractérise l'effet froid quand il arrive au contact de notre peau en présence d'un vent même faible. C'est physiologique en vrai (lire la rubrique "Effet" de l'article de Wikipédia que vous trouverez plus bas) mais aussi psychologique. La formule pour calculer ce facteur vent est empirique et a été inventée au Canada


Fastoche, hein ? L'article de Wikipédia montre une abaque, c'est-à-dire un tableau qui permet à la fois de voir les valeurs et de mesurer les risques pour l'être humain non emballé dans des couches de protection, dont la plus importante est la plus extérieure, puisque c'est elle qui permet de minimiser le vent. En gros dans des conditions françaises, on perd facilement entre 8 et 12° ressentis dès qu'il y a un vent normal. Brrrrr
Extrait de ce très bon blog

Tout cela n'a rien à voir avec le froid anglophone qui s'abat sur l'Europe. Trump a signé un interview dans deux journaux (allemand et anglais) pour parler de l'Europe telle qu'il la voit. L'opposition est frontale entre une Grande-Bretagne adulée (et une Madame May efficace) et une Allemagne contestée (et une Angela maladroite mais avec laquelle on fera quand même du business). Pas un mot sur la France, à la traîne et mal engagée. On sent bien qu'il faudra au prochain président (présidente ???) beaucoup ramer pour redevenir un partenaire politique des USA de Trump. Gros coup de froid donc puisqu'aucun journal français n'a été invité pour cet entretien, mais autre coup de gel attendu aujourd'hui avec l'annonce par Madame May de sa stratégie pour le Brexit. Un discours attendu avec tremblements.

En politique, le facteur vent existe aussi. Ce sont les médias qui jouent le rôle d'Eole en soufflant le chaud et le froid à tout propos. Le quatrième pouvoir est celui des médias (dans le vent). Eux aussi sont capables de provoquer l'effet papillon (un battement d'aile d'un papillon qui se transforme en cyclone à l'autre bout du monde) à partir de n'importe quelle rumeur ou d'un simple tweet.

Gros coup de froid politique donc sur l'Europe et particulièrement la France cette semaine. Et pendant ce temps, François vaque à ses occupations avant de s'envoler pour le Chili et la Colombie pendant l'investiture de Trump et le premier tour de la primaire à gauche. Déconnexion ? Vous avez dit déconnexion ? En tous cas un signal fort pour ceux qui veulent le voir. Ca s'appelle gérer les affaires courantes.


lundi 16 janvier 2017

De l'air, de l'air

Vignettes Crit'Air obligatoires à Paris depuis ce matin. Détails ici par exemple ou sur le site officiel pour l'obtenir.

C'est donc à Paris la fin de la circulation alternée, puisque la prochaine fois elle sera remplacée par une circulation différenciée, selon la couleur de votre vignette Crit'Air. Sachant que les vieux véhicules ou trop polluants n'ont pas le droit d'avoir une vignette et que celle-ci sera obligatoire pour circuler certains jours, les contrôles seront facilités : pas de vignette, stop (ou même PV si les caméras vidéo s'adaptent à terme).

Pour le moment, ceux qui n'ont pas de vignette seront arrêtés de temps en temps, histoire de leur faire perdre du temps et de les sensibiliser. Ceux qui n'en ont pas besoin seront sanctionnés puisque Paris leur est interdit sauf les week-end et les nuits, ceux qui l'auront simplement oubliée seront rappelés à l'ordre public. On peut imaginer que certains voudront tricher en imprimant de fausses vignettes ou en en demandant à un de leurs amis, mais c'est plutôt risqué et idiot. Cela dit, les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'Audiard les reconnaissait. On imagine déjà certains journalistes de chaînes d'information continue conduisant sans cette vignette pour voir s'ils sont contrôlés. Bon courage !

Heureusement que les traversées de Paris (comme celle d'il y a une semaine) se déroulent le dimanche. Ca permet à toutes sortes de vieilles guimbardes de circuler. Il faut quand même qu'elles réintègrent leur garage ou qu'elles quittent Paris avant le lundi matin... Rendez-vous le 5 février à Vincennes pour la prochaine rencontre.


Je connais au moins une personne qui a acheté une voiture (d'occase) immatriculée paire justement pour pouvoir circuler alors que sa moto est impaire, au cas où. Dommage pour elle ! J'espère au moins que cette voiture ou cette moto auront une vignette de 1 à 3... Tout cela est bon pour l'industrie automobile, les voitures neuves et les occasions récentes. Lors du débat d'hier, les candidats de gauche à la primaire ont beaucoup parlé d'environnement et de pollution. Le problème du diesel a agité le débat à un moment, entre impact économique et impact écologique. Voir ici mon billet de blog en direct.

Les pare-brise se remplissent donc petit à petit : la carte verte, le contrôle technique, la vignette Crit'Air, la vignette normale (Ah zut, elle a été supprimée depuis longtemps), le caducée (pour faire croire qu'on est médecin et qu'on peut se garer partout), le macaron bleu-blanc-rouge (pour faire croire illégalement qu'on est un élu de la Nation), l'auto-collant des pompiers (pour attendrir les contractuels) et celui de l'amicale des orphelins de la police (idem), l'auto-collant de télépéage pour plusieurs autoroutes, l'autocollant pour accrocher votre téléphone et votre GPS, les accessoires décoratifs et pour les clubs de supporters, la carte handicapés, le pare soleil... Vivement les voitures autonomes et automatiques...

dimanche 15 janvier 2017

Du temps de cerveau pour... Un débat en direct

17h30
Allez hop, aujourd'hui on se lâche. Commentaires en direct sur le deuxième débat de la primaire à gauche. Ce billet sera donc complété au fur et à mesure.

Débat diffusé sur les chaînes d'infos continue BFM-TV (Ruth Elkrief) iTélé (Laurence Ferrari) et RMC (Laurent Neumann).
On y retrouvera Benoît Hamon (BH), Arnaud Montebourg (AM), Vincent Peillon (VP), Manuel Valls (MV), Jean-Luc Bennahmias (JLB), Sylvia Pinel (SP) et François de Rugy (FR)

Actualités, Europe, Écologie, Présidence, Éducation, Laïcité sont a priori les sujets abordés.

Montebourg est le premier à s'être installé à son pupitre. A 58´ ils sont tous là. 

18h
Musique de type House of Cards et docu pour expliquer le mode de fonctionnement de la primaire. 

Trump est le premier sujet : JLB aggressif et ignore la question, VP défend l'Europe, AM répond avec l'indépendance sans suivisme (Gaullien ?) mais avec une armée européenne, BH défend le rang de la France (exit les anglais), MV a une stratégie forte pour la France (Ah ?), FR parle de la COP21 et d'une alliance militaire Fr-De-Po, SP veut renforcer le couple Fr-De.

Europe et réfugiés

AM parle de l'essorage des pays européens face à l'austérité à Madame Route Elle Krillèffe, en "frondeur" de l'Europe. VP propose de suivre les engagements pris, de se désendetter et d'investir (bravo François). BH veut rassembler l'Europe comme Delors, autour de l'énergie, et minimise le problème des réfugiés en les accueillant largement. MV a un cœur aussi pour les réfugiés, il est européen par ses origines et alerte sur l'Europe de la dernière chance contre la dislocation, tout en voulant protéger nos frontières (paradoxe ?). SP humaniste et digne (mais pas trop quand même, faut pas pousser) et partisane de l'asile politique européen. FR veut être moteur pour améliorer l'Europe, mais veut mettre un mur virtuel en Méditerranée via les ONG, tout en critiquant Fillon et le FN (ensemble). JLB condamne la désaffection des peuples dûe à l'ignorance de leurs volontés par l'Europe, tout en voulant commencer par l'Europe du Sud, puis le Bénélux. MV rappelle l'importance absolue du droit d'asile, 20 fois moins qu'en Allemagne quand même. VP reste critique des dirigeants passés, moins généreux que le peuple en France. AM partisan des finances locales même chiches pour traiter le cas des réfugiés, tout en demandant à créer des infrastructures et des universités en Afrique. JLB critique les pays qui refusent d'accueillir les réfugiés et les guerres oubliées autour d'un socle européen réduit. SP répète ce qu'ont dit les autres à moins que cela ne soit le contraire, tout en disant vouloir anticiper, avec dignité bien sûr et tout en défendant le gouvernement passé. MV défend la France au Mali et en Syrie (et son gouvernement) et son honneur, mais BH constate objectivement qu'on a été en France l'un des moins volontaires, et propose le développement du Sahel pour assurer notre sécurité, avec entre autres 100 000 profs de français (et de langue française). FR défend l'intervention au Mali qui a évité un afflux de migrants. VP différencie la critique du gouvernement et de la France, agresse MV (enfin !) qui répond, mais VP se rengorge et parle de corridors humanitaires pour l'asile politique. Ils s'échauffent enfin ! AM reparle des travailleurs détachés et veut supprimer cette inégalité en France, histoire d'être le dernier à parler sur ce sujet. Mais MV reparle sur lui et sur ce point fait pipi sur son pipi (avec mes excuses). JLB reparle ensuite sur le même sujet.

Environnement et vie quotidienne

FR sur la sortie du nucléaire pour un scénario agressif, tout en critiquant la clim du studio réglée sur trop froid comme aux USA ou en Afrique. AM (converti à l'écologie ?) préfère combattre pragmatiquement comme les Horace et les Curiace, le carbone d'abord et le nucléaire seulement après. VP prend le parti des écolos et conteste le coût élevé des énergies renouvelables, en voulant investir à plusieurs, avec une fiscalité écologique renforcée. BH dissocie les nombres d'emplois à court et à long terme selon les types d'énergies (6 fois plus d'emplois dans les énergies propres). MV s'auto-félicite de son action contre le diesel, en accompagnant tout le monde pour en sortir. JLB veut aussi sortir du diesel, évidemment, mais progressivement, et pense que le nucléaire va mal, à cause de l'EPR. SP pense que renouvelable et nucléaire sont complémentaires, pour l'indépendance énergétique de la France, donc ne veut pas comme les autres en sortir à 50% en 2025. FR critique l'indépendance énergétique de la France car l'uranium vient à 100% de l'étranger et de pays pas fiable, et s'excite sur toutes les énergies renouvelables. VP critiqué par FR se défend, un éclat enfin ! BH défend FR, sans faire trembler la main (et la main en l'air), avec une force politique. AM prône plutôt la décentralisation pour produire de l'énergie (renouvelable).

Cannabis

BH veut légaliser, car le reste (prohibition) n'a pas marché, comme au Colorado et au Portugal. SP aussi, comme enjeu de santé publique et de sécurité, pour une distribution en pharmacie, en imaginant les policiers ne poursuivre que les dealers en autres drogues (pas les mêmes ?). MV du haut de sa stature présidentielle, qu'il dit, est contre et préfère la prévention et les interdits dans la société. VP veut écouter les personnels de santé et ceux de sécurité, en allant aussi vers la légalisation et en organisant le débat via une grande conférence nationale. JLB est très agressif pour légaliser le cannabis récréatif, malgré la dangerosité des addictions, et aussi pour développer le cannabis thérapeutique. FR se centre sur la sécurité, contre les trafics, et prône la vente dans les bureaux de tabac, avec une loi pour cinq ans. AM est contre à cause de la santé publique, tout en constatant les dangers pour la sécurité, un peu gêné sur ce sujet. 

Pub vers 19h30

Présidentialisation et bilan

MV diantre ! lucide et fier (il assume), veut incarner la France, ouvrir de nouveaux chantiers d'avenir, tout en défendant la décision de François dans le contexte de l'arrivée surprise de Fillon. BH est soulagé par la non candidature de François car il veut parler d'avenir, et réfute l'idée d'un président providentiel car il donnera les clés pour une VIème République avec son 49-3 citoyen pour plus de démocratie, loin de l'asphyxie actuelle. AM refuse d'être appelé frondeur et se place contre le mur des puissants (y compris avec l'exemple d'iTélé) comme l'homme capable de dire non. SP critique la candidature de Macron et veut une gauche loyale et cohérente, dans un pacte de majorité durable, en défendant François et son bilan, sans parler de l'avenir. FR conçoit la présidence autrement (ni se mêler de tout, ni se limiter au commentaire) autour d'une vision réaliste et de réformes institutionnelles, tout en critiquant le 49-3 de BH otage de tous les lobbies. VP veut rassembler les gauches, puis au-delà avec la proportionnelle intégrale, et développer les solidarités, l'Europe,... avec une grosse anaphore (tiens il se réveille). JLB sera un président naturel, pas un monarque et pas un président normal, grâce à une nouvelle République proportionnelle, sur le modèle des allemands. 

Oui ou Non pour le respect du résultat de la primaire ?
Oui : SP, MV, VP, JLB, BH, AM, FR mais seuls AM et MV disent vouloir gagner.

Éducation

BH oui à la priorité au primaire, en réduisant le nombre d'élèves par classe (25 ou 20 en zone difficile), avec un service public de l'aide aux devoirs. VP salue la lutte contre le choc PISA, les nouveaux postes créés, mais souhaite poursuivre les réformes, en bonne logique cartésienne, en allant vers le Bac-3 et Bac+3 (discours trop technocrate), et la formation des maîtres, initiale et continue dans le cadre de l'autonomie des universités. Sur la réforme des programmes, il la défend et salue l'absence de blocages. AM chiffre ses propositions et pense qu'elles sont applicables immédiatement, suite aux appels des enseignants (pffffffft), avec des petits groupes et un investissement de 7 milliards, autour du maître des savoirs fondamentaux. Il parle d'évaluation et critique les inspecteurs !?! MV pense que l'éducation est fondamentale et critique Fillon sur ses 500 000 suppressions de postes, en élu de la banlieue, pour ces territoires difficiles et populaires ?!? FR salue l'école comme lieu de l'émancipation et du progrès individuel et collectif, mais constate que les résultats ne sont pas au rendez-vous, car les moyens ne suffisent pas. Il parle des méthodes inadaptées, et de l'importance des innovations venues d'en bas par les enseignants. SP rappelle la priorité pour l'école, premier budget de l'Etat, mais constate les faibles liens entre écoles et entreprises, en voulant développer l'apprentissage, les filières et l'artisanat. Sur la formation et l'affectation des enseignants, sur la concurrence privée, elle dénonce le programme de Fillon. JLB se focalise sur le collège, lieu de toutes les insatisfactions selon lui, mais il n'y connaît en effet pas grand-chose, car il veut plus d'adultes au collège (des militaires ?). BH veut clore sur le sujet, en ajoutant son pipi, et il le fait.

Laïcité

VP, auteur de la charte de la laïcité, rappelle l'enseignement moral et civique qu'il a relancé et qu'il consacre sa vie à l'éducation (Ah bon, pas à l'Elysée?). Pour lui la laïcité est méconnue et il revient à1905 en défend une des deux conception actuelles, historique pour la gauche. MV salue le débat, rappelle le respect et l'autorité (toujours), pour les jeunes femmes et les jeunommes. Petit rappel des intégrismes et de l'Islam ou de l'antisémitisme. BH est intransigeant pour combattre les interdictions faites aux femmes, mais pense qu'aujourd'hui il n'y a pas besoin d'ajouter à la Constitution. AM défend aussi la loi de 1905 à constitutionnaliser, et ne cédera pas sur les aménagements liés à la religion, ni sur l'absence de stigmatisation, donc face à aucune tyrannie (de la minorité ou de la majorité). JLB dénonce les communautarisme de toutes sortes et encense la loi de 1905 (relisons tous les verbatim de l'époque) malgré les interruptions des journalistes qui adorent visiblement le voir dérailler, comme un bouc émissaire. SP, radicale, est choquée par la revendication chrétienne de Fillon, donc son communautarisme, et rappelle le rôle joué en 1905 par les radicaux (à barbe). Elle souhaite mieux former les enseignants sur la laïcité, et soutient l'égalité des femmes et des hommes. FR voit des risques de régression et veut agir pour les valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité, laïcité. La laïcité est un bouclier et pas un glaive, malgré les provocations.

Une minute
VP : bon débat plus vivant, partage sur valeurs essentielles. Moment historique pour la gauche. Agir vite, sans dérive. Je veux l'incarner, une chance de victoire
JLB : bon débat. Mon arc progressiste peut faire front. Vivement dimanche prochain.
BH : à droite c'est inquiétant, nostalgique, tournée vers le moins, donc dangereuse. Je ne cliverai pas la gauche. Une gauche totale face à la droite totale
SP : épanouissement, amour, énergies individuelles. Mon projet part du réel, une goche de la solidarité, avec audace.
FR : le fond de ma pensée (de Nantes) : la société est en avance sur la classe politique, la gauche doit s'emparer d'idées neuves, avec le progrès par l'écologie
AM : un nous de majesté, un je de proposition pour faire surgir une société française dynamique et unie, puis liste de mesures. Rien n'est impossible.
MV : j'ai l'expérience, l'énergie et l'envie. Je veux. Je veux. Je veux. Mon slogan.

20h44 fin (au dodo, maintenant)

samedi 14 janvier 2017

Lecture la nuit, le jour et entre les deux

Première nuit de la lecture en France. Une initiative de Jack Lang du ministère de la lecture culture. Sans ratures, à l'heure du tapuscrit joliment imprimé. Le tapuscrit qui déprime les chercheurs : comment savoir ce qu'un auteur a écrit, corrigé, ajouté ? Francois était cette semaine à la réouverture de la bibliothèque Richelieu et il y a vu des manuscrits célèbres, comme celui de la Chartreuse de Parme. Raturés. 

Mais la lecture c'est aussi une affaire qui se joue à plusieurs : des auteurs et des lecteurs évidemment, mais aussi des éditeurs, des libraires, des bibliothèques, des sites d'ebooks, des correcteurs, des traducteurs, des lecteurs, des documentalistes, des revues littéraires ou des rubriques, et même des blogs... Pourtant quand on est soi-même un lecteur face à une œuvre, il y a une mécanique qui se met en place, du domaine de la magie. Seul le plus souvent mais aussi à plusieurs. 

Daniel Pennac l'a bien décrite dans Comme un roman avec les Droits du lecteur. Il l'a lui-même personnifiée dans ses Malaussène où le livre lui-même joué un rôle fondamental chez ce bouc émissaire émettant des textes lus à haute voix et des intrigues qu'on n'oserait pas écrire dans un roman. Il vient de sortir la suite de cette trilogie qui a grossi avec le temps jusqu'au nombre six (six sous ?).

Des conseils de lecture ? Mission impossible car trop individuelle et l'effet n'en serait que plus limité, quoique le désir s'accroît quand l'effet se recule (Polyeucte, acte I, scène 1).

A déguster en ce moment, cette nuit ou à un autre moment si vous avez autre chose à faire ?

L'Histoire mondiale de la France (Seuil) un recueil organisé autour d'une centaine de dates importantes, mais pas toujours celles que l'on croit. Des textes écrits par des universitaires, donc plein d'esprit critique à la française, mais avec un style et un allant assez jouissif, il faut bien le dire. L'excuse chronologique des dates tombe vite puisque les auteurs se baladent dans le temps notamment autour de la réinterprétation de l'Histoire au cours de l'Histoire, lorsque cela arrangeait le pouvoir en place, de Vercingétorix à Jeanne d'Arc. Un livre à déguster par bribes ou dans le tourbillon de la vie. 

Le dernier Malaussène, à l'opposé, dans la série saga auto-reproductrice et auto-référentielle sinon automagique... Il est vrai qu'il a fallu attendre longtemps ce tome, qu'on avait d'ailleurs fini par ne plus espérer, mais le phénix Malaussène renait toujours de ses cendres. 

On ne pourra pas lire cette nuit le nouveau tome de RR Martin sur Game of Thrones, dans la saga intitulée en fait A Song of Ice And Fire. Un cas rare de dyschronie avec le livre rattrapé par la série télé. Mais ce n'est pas grave, vous dira tout vrai lecteur, puisqu'on peut l'imaginer et l'écrire dans notre tête. 

On pourra lire le premier/dernier Tintin en visite chez les soviets, dans sa version colonisée. Une première qui divise les tintinophiles comme de juste. Je vous rappelle la dernière case de la page 8, icône incontournable de la Tintinosphère ou l'on voit pour la première fois l'épi de Tintin dans le vent. Lire une BD c'est lire (message aux parents) aussi et plein de détails et d'imaginaire peuvent s'y cacher. 

Lire c'est souvent la nuit, parce qu'on a du temps, avec ou sans lampe de poche sous le drap. Lire c'est en fait plein de postures différentes : dévoration d'un trait sans manger ni respirer, grappillage à chaque temps libre et volé à la vie sociale, répétition pour se plonger dans les délices de la relecture de ses vieilles amours, découverte au hasard sur un banc, partage dans un club de lecture. Lire c'est lire n'importe où et dans n'importe quelle position ou dans un confort douillettement préparé pour installer une routine rassurante. Lire c'est du papier ou du numérique ou les deux mon colonel. En tant qu'adepte de la lecture numérique j'apprécie particulièrement la possibilité de se balader avec une bibliothèque dans la poche ou le sac à main, satisfaction du collectionneur boulimique. 

La lecture va de pair avec l'écriture. Mais le lecteur va-t-il avec l'écriveur, que certains appellent écrivain ou auteur ? Ils se rencontrent très rarement et ont encore plus rarement l'occasion de vraiment échanger. Est-ce nécessaire d'ailleurs ? La voix intérieure de l'auteur, retranscrite avec des mots, rencontre ou pas ses lecteurs. L'oreille intérieure du lecteur rencontre ou pas les auteurs qui la font titiller notre cerveau, notre cœur, notre sexe ou notre âme.

Alors, quel que soit votre âge, profitez de cette nuit pour rencontrer ces voix d'auteurs à travers le médium du livre. C'est une première. On peut supposer que si elle a du succès il y en aura au moins une deuxième.

Je me souviens de ces trocs/puces du livre que nous organisions pour les enfants. Sans argent, sans adulte pour pourrir le partage. Je me souviens de ces gamins assis par terre Place des Abbesses pour dévorer un livre avant d'aller l'échanger contre un autre pour dévorer celui-là avec encore plus d'appétit. Je me souviens de ces institutrices ébahies par les gamins engloutissant ces livres dans le préau, contre toute attente surtout pour les gamins réputés les plus difficiles, justement parce qu'ils étaient dans le partage sans enjeu. 

Plus je lis et plus le désir de lire s'accroît, comme n'a pas dit Polyeucte.