dimanche 6 août 2017

Lac Léman

Quelques photos de vacances au bord du Lac Léman ? Oh oui, oh oui, encore un diaporama foireux, papy !

 
En Suisse, c'était la fête nationale le premier août...

Très beau feu d'artifice, avec la Lune en pleine action aussi. Des fleurs rouges et blanches - évidemment - comme je n'en avais jamais vues auparavant, cotonneuses de douceur. Pourquoi on n'a pas ça chez nous ? 
 
 
Apres tout ça, la Lune a eu faim et a lancé une fourchette dans le lac pour se faire des filets de perche meunière

 
Le lac, justement change de couleur comme de chemise surtout en pleine canicule

 Mais toujours avec une petite croix quelque part

 
Les bateaux du lac sont toujours là

 
Remis aux normes mais sinon identiques à leurs ancêtres d'il y a 100 ans

La sirène du port de Veveeeeeeeeeeeeeeeyyyyyyyyy est toujours là
  
Justement. Un embarcadère

 
 
Je ne vous ferai pas l'injure de vous dire ce que c'est puisque c'est classé au patrimoine de l'humanité, que ce sont des vignobles suisses (Mmmmmmmh) et que c'est à Lavaux. À votre santé pour quelques décis de vin blanc presque pétillant. 

De l'autre côté du Lac on boit aussi, mais de l'eau d'Evian... Enfin... Pas que ! Jolie Savoie, non ?

 
Et Vlan. Evian...

 
Et les montagnes au-dessus. C'est clairement amha de Vevey qu'on a la plus belle vue sur ces Alpes là

 
Et si on montait dans les Alpes suisses ? C'est de Montreux la starisée qu'on part alors, avec un habitant local king of the queens (je ne parle pas du monsieur suisse à droite). Direction les Rochers-de-Naye

 
  
Petit train à crémaillère, 25 km/h maximum en montée.  Le cou serré quand même. On sait que ça va tenir, mais enfin... Maintenant je sais d'où vient la pendaison de crémaillère

 
  
Courageuses, les vieilles dames suisses

Petit panorama, en haut à 2000 mètres. 4 à 5 heures de marche pour se reconstituer, d'un côté...

 
Et de l'autre

 
  
Avec de la faune, de la flore...

 
 et de la pub. 

 
Merci pour votre attention ;)

mercredi 26 juillet 2017

Un des meilleurs films américains de l'été... Orange is the new Trump ?

Titre bizarre ? C'est un slogan vu dans le métro sur une affiche pour un film, dont je me suis empressé d'oublier le nom. Il m'a fait furieusement penser à deux choses :

En premier, la logorrhée, publicitaire ou politique ou autre, qui envahit notre monde où tout le monde parle de tout. Avec plein de mots la plupart du temps inutiles. Sans aller jusqu'à la glorification du silence, comme un moine qui cuverait sa bière, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser au sketch des oranges de Fernand Raynaud.




En effet, pourquoi mettre tant de mots sur une telle banalité ? "Un des meilleurs films américains de l'été" ?
- de l'été ? Ben oui, nous sommes en été et ce film sera bien sûr oublié avant l'automne, lorsque la bise sera venue ;
- un des meilleurs ? Naturellement. Ils ne vont pas dire que c'est l'un des plus ratés. Remarquez bien qu'il ne s'agit pas "du meilleur" ce qui serait trop maladroit et impossible à prouver, sauf à travers l'une des ces critiques qu'on trouve souvent adossée à une affiche, avec une vague signature. Vous noterez qu'il y a d'ailleurs une signature sous cette phrase, de Marie France qu'on s'empressera donc de ne pas lire. Imaginons qu'il y ait 22 films américains cet été et qu'on les classe du meilleur au pire (quelle que soit la définition que vous imaginez). Ce film serait donc classé dans les 21 premiers. "Un des meilleurs" veut donc dire simplement "pas le pire".
- film américain ? Euh, c'est un film non ? Donc il suffirait de dire "américain" pour le différencier des films français comme Valérian qui sort aujourd'hui et que je dois absolument irrésistiblement aller voir, une fois que j'aurai fini de monter cette foutue bibliothèque !#@&?%

En second - eh oui, j'avais parlé au début de deux pensées furieuses, l'un des meilleurs films américains de l'été reste - malheureusement - notre ami Trump, coin-coin.

Ses démêlés russes empirent, contre son empire familial et immobilier, et ObamaCare peut peut-être enfin être détruit, grâce au retour surprise au Sénat de McCain, pourtant atteint d'une tumeur au cerveau mais qui a la frite (haha), qui offre une minuscule majorité au Président des riches contre les défenseurs des pauvres. On espère qu'il est bien soigné, contrairement aux pauvres américains qui n'auront éventuellement plus accès à la santé. Plus qu'un film il s'agit d'une saga, étalée sur plusieurs saisons, ou d'une série TV de bas étage. On se passerait bien de ce genre de film, avec des seconds rôles bien inquiétants : le patron de la science refusant la science, le patron de l'environnement suggérant que le réchauffement climatique est bon, et ainsi de suite.

On attend donc qu'un graphiste doué détourne l'affiche du film précité (dont je viens de retrouver le nom, bons acteurs pourtant) pour en faire une à la gloire de Trump, comme si on mélangeait ces affiches, sachant qu'un mur peut être un cercle s'il enferme ceux qui sont dedans comme dans une prison... américaine, certainement l'une des meilleures prisons de l'été.





vendredi 21 juillet 2017

Quel temps ?

21 juillet. Le temps balance entre passé, présent et avenir. Même la météo s'y met. Petites réflexions juillettistes... basées sur mes billets à cette époque au fil des ans :

La Lune évidemment en ce jour anniversaire avec deux anciens billets ici et  des 21 juillet de célébration. Pas de vraie nouveauté depuis sauf peut-être les grimaces d'un des cosmonautes américains reçu par Trump, le président qui ne décolle ni n'atterrit jamais et dont les cheveux sont bien attachés.

Le lancement il y a un peu plus d'un an de Pokémon Go ici et qui a permis aux parisiens de visiter des coins bizarres de Paris (jolies cartes, car cette année-là c'était un dimanche et le cerveau avait du temps disponible pour le futile).

Pour le premier 21 juillet de ce blog en 2012, , vous vous poserez peut-être une question : ce jour était un samedi et annonçait pour le lendemain dimanche le premier épisode du feuilleton de l'été 2012. Or la page du lendemain est quasi vide, comme celles des dimanches derrières postérieurs. Deux réponses à vos deux questions donc, puisqu'une seule question ne suffit pas toujours :
- Oui, le feuilleton de l'été 2012 a existé et a été publié chaque dimanche, mais il a disparu de ce blog car j'espère le publier à part ;) Les heureux anciens lecteurs qui en ont des souvenirs sont priés de les sublimer en leur for intérieur. Les autres peuvent soit attendre une publication (à fort retentissement mondial évidemment) soit aller sur archive.org...
- Oui, d'autres nouvelles et feuilletons arriveront, mais d'abord je dois mettre de l'ordre dans les recueils de nouvelles que je prépare. Merci de vos encouragements en commentaires, si vous avez le coeur à ça et merci encore plus si vous êtes ou connaissez un éditeur intéressé...

Cette année, c'est en ce jour que débutent les Jeux de la Francophonie, comme tous les quatre ans. Cela se passe à Abidjan et ne sera pas beaucoup retransmis, sauf sur TV5. La cérémonie d'ouverture est en streaming sur le Web, car il y aura des huiles politiques qui adorent être vues par le plus de monde possible en train de dérouler des discours ineptes. Ces Jeux originaux ne sont pas que sportifs mais aussi culturels. Quelques épreuves vous surprendront peut-être :

  • Arts de la rue : hip-hop (danse), marionnettes géantes et jonglerie avec ballon (freestyle ball) (h/f, 18-35 ans) 
  • Arts visuels : peinture et sculpture/installation (h/f, 18-35 ans) 
  • Chanson (h/f, 18-35 ans) 
  • Contes et conteurs (h/f, 18-35 ans) 
  • Danse de création (h/f 18-35 ans) 
  • Littérature (nouvelle) (h/f, 18-35 ans) 
  • Photographie (h/f, 18-35 ans)
  • Lutte africaine (h/f, 18-30 ans) 
  • Création pour le développement durable (h/f, 18-35 ans) 
  • Création numérique (h/f, 18-35 ans)

Un événement intéressant mais bizarre, dont on parle plus ailleurs qu'en France, le moins amoureux de la Francophonie de tous les pays ayant la langue française en partage. C'est comme ça, au pays de Monsieur Jourdain et où la critique est devenue un art.

A propos de sport, les amoureux du dérailleur et de la pédale voient se terminer ce week-end le Tour de France (d'Allemagne à Paris pour les vieux), histoire de pouvoir ensuite faire tranquillement la sieste. Reste le championnat d'Europe de foot féminin. J'espère que la France jouera le 6 août, jour de la finale et de mon anniversaire...

Enfin aujourd'hui, dans un bizarre moment où passé, présent et futur se mélangeairont, François Hollande prendra la parole en public pour (re)lancer sa fondation tournée vers l'avenir, lors d'un Sommet sobrement intitulé "Les Napoléons". D'autres présenteront à cette occasion leurs projets innovants mais on retiendra celui-ci, naturellement, en hommage aux cinq années et plus de 1800 billets que nous avons passées ensemble sur ce blog, au quotidien pendant son quinquennat. "La France s'engage" ? Attention à ne pas se prendre les mains dans les vitesses, entre marche arrière et marche avant. A moins que cela ne soit une voiture automatique, ou mieux, autonome, voire indépendante ?

PS : Et si vous partez en vacances, écoutez cette carte pour savoir où partir, selon l'accent que vous préférez entendre ;)


mercredi 12 juillet 2017

court, moyen et long terme

Les actualités doivent être lues avec un notion de temporalité toujours présente à l'esprit. Quelques exemples, histoire de ne pas oublier le passé lointain ou l'avenir pas si proche que ça :

Les JO 2024 et 2028 seront attribués à Paris et Los Angeles, dans l'ordre ou le désordre. A voir si le triangle (vertueux ?) du CIO et des deux projets arrivera à se mettre d'accord, sur le calendrier, les modalités et le budget. Décision au plus tard le 13 septembre entre deux crachats de lama au Pérou, ou avant si tout se passe bien, c'est-à-dire si Paris obtient 2024 et LA obtient un financement du CIO. Parmi les arguments de Paris, il y a bien sûr le centenaire des JO de 1924 obtenus à l'arraché par le Baron olympique, face à Amsterdam, déjà lors d'une lutte sur deux olympiades avec 1928. La durée d'une olympiade est déjà assez longue comme cela, si en plus on doit attendre un siècle... Mais à plus court terme regardons quelques dates d'élection en France : 2022 les prochaines présidentielle-législatives (sauf changement) et 2020 les prochaines municipales à Paris et en Île-de-France. Si Macron et Hidalgo se représentent (mystère et nappe en caoutchouc) et s'ils sont réélus, ils pourront donc être là en 2024 (mais pas en 2028). Un argument fort pour 2024, non ?

L'affaire Grégory, sombre drame familial d'il y a plus de 30 ans qui est revenu dans l'actualité ces derniers temps, et encore plus hier avec la mort du premier juge d'instruction de l'affaire, à l'époque fort décrié pour son travail, comme le reste de la police-justice d'ailleurs. La publication le jour même, par un de ces médias indélicats du présent internetisé que nous vivons (BFMTV pour ne pas les citer), de carnets dévalorisant complètement son travail a-t-il poussé ce juge Lambert à se suicider ? Les ridelettes et les vagues de cette affaire montrent bien le non-dit et la prégnance de ce genre de situation en France, bien au-delà du goût du sang qui se répand dans la population en face de ce genre d'affaire. Une affaire qui a commencé, rappelons-le, bien avant l'Internet social d'aujourd'hui. Un Internet où chacun peut se déclarer juge, policier, manipulateur et journaliste sans aucun contrôle. La presse de l'époque s'était déchaînée toute seule, entre professionnels. La justice a aussi une mémoire, de temps en temps très courte et quelquefois très longue. Paix à l'âme de cet homme brisé.

Et la planète aussi, d'ailleurs. Le court terme des décisions politiques (à la Trump) ne fait pas bon ménage avec le long terme de la Terre. On lira avec intérêt cette étude (PDF) d'une ONG sur les grandes compagnies les plus polluantes (en gaz à effet de serre qui sont à l'origine principale du réchauffement climatique). Contrairement aux études précédentes qui travaillaient au niveau des pays, cette étude d'un nouveau gène liste par ordre décroissant les compagnies (en énergie fossile) les plus polluantes. On verra avec une "grande" satisfaction que la France y est bien représentée avec Total à la 19° place sur les 100 étudiées : "100 fossil fuel producers and nearly 1 trillion tonnes of greenhouse gas emissions"... C'est aussi une étude qui travaille sur le court terme (2015) et le long terme depuis le XIX° siècle. Juste un graphique pour vous "appâter", les détails sont dans le rapport ;)


jeudi 6 juillet 2017

Ah... Si ce blog était encore quotidien...

Eh oui. Si ce blog était quotidien, je pourrais y parler de tout un tas de choses plus futiles les unes que les autres et qui sont donc absolument nécessaires. En décidant de le faire aujourd'hui, sans obligation donc, s'agit-il d'une sorte de masochisme nostalgique, ou plutôt d'une tentation larvée et refoulée ? Seule une e-psychanalyse robotisée permettrait de le savoir, mais elle n'a pas (encore) été inventée par Google ou l'une des sociétés qui sera rachetée par Google ou un autre GAFSA.

Plongeons-nous donc dans le stupre de ces nouvelles fondamentalement sans intérêt. Elles ne dessinent pas le paysage de notre société, ni en creux ni en bosses, mais elles permettent de savourer le moment présent et de penser à l'avenir radieux.

Sans ordre autre qu'inconscient :

- Le jeu Pokémon Go (avec un accent) fête aujourd'hui son premier anniversaire. Ce jeu est toujours vivant (la preuve, j'y joue de temps en temps) même si les 100 millions de joueurs atteints l'été dernier ont beaucoup baissé depuis. Il a inauguré une nouvelle catégorie de jeu, autour de la réalité augmentée et de la géolocalisation, censé permettre au joueur de sortir dans la vraie vie, de marcher et de découvrir le monde. C'est un jeu calme, avec presqu'aucune action et peu de réflexion. Une sorte de Tamagotchi moderne et connecté. Un truc bien japonais et clairement plus adapté à la belle saison qu'à l'hivers plein de frimas. Même Le Figaro en parle, c'est dire ! Je vous mets deux images...

L'écran d'accueil actuel du jeu sur un iPhone. Heureusement il y a Pikachuuuuuuuu !

Comme quoi les Pokémon sont en avance sur le temps politique français...

- Vue dans la presse, cette initiative d'une prof de lycée qui en a marre des collections de perles et autres bourdes relevées dans les copies du Bac. Pour sortir de cette logique habituelle (en tous cas en France) qui est de noter et de remarquer l'échec plutôt que la réussite, elle a lancé une initiative pour recueillir les réussites des candidats au bac, à coups d'éclairs de génie et autres phrases intelligentes (dans tous les sens du terme, et il y en a un paquet). Le Monde en parle. C'est ici et dans toutes les matières (comme la ouate). La parole est aux élèves, via les profs. Un bel exemple.

- Un site étrange, féministe et décomplexant, mais aussi choquant et fait pour cela, c'est la "Bibliothèque des orgasmes", lancé par une marque commerciale mais qui dépasse ses créateurs. Histoire de montrer à tous - hommes et femmes, quelle que soit leur sexualité - que la vraie vie n'est pas comme dans les films XXX. Un site participatif (hum). Le doublage est un art et il s'applique à toutes sortes de situations. Lire cet article par exemple ou regardez cette vidéo mythique, sans rigoler je vous prie ! On n'en est pas au niveau sublime et situationniste de "La dialectique peut-elle casser des briques", mais quand même...

- Ah, et puis au fait, le nouveau pouvoir Macronien est en place. Tous les leviers sont à sa main. Il ne reste plus qu'à les actionner. Enfin ! On sait qu'en matière de politique, d'Etat et d'économie, les mesures prises par les autorités ne représentent qu'une partie des effets obtenus. Le reste (le principal) vient des autres parties prenantes et d'un climat de confiance qui ne se décrète pas. C'est donc une alchimie étrange.

PS : C'est aujourd'hui le début de la Japan Expo. Les connaisseurs apprécieront. Les parents sauront où sont leurs gamins. Les gamins y sont déjà... entre autres pour le cosplay et les 100 ans de l'animation japonaise (si, si).

PPS : On apprend aujourd'hui la mort de Pierre Henry. Que ceux qui n'ont jamais entendu les Variations pour une porte et un soupir se précipitent dessus... On connait tous la Messe pour le temps présent, même sans le savoir. J'en avais fait le générique d'une émission de radio au temps où elles étaient libres (de pub). Des artistes en ont fait des ballets... Lui en a simplement écrit et joué la musique. Entre autres.

vendredi 30 juin 2017

Dernier jour (de juin). Un voile tombe.

C'est vendredi et est de dernier jour de juin. Un jour où on devrait rire, s'amuser, parler du parfum tout proche des vacances. On pourrait même rire de la mort avec celle du Président Loulou de Montpellier qui voulait qu'on rigole après sa mort. On a le droit de rigoler de tout, n'est-ce pas ? Spécialement si on le fait avec respect ou irrespect joyeux.

Mais voilà. Simone Veil vient de mourir. On a le droit de ne pas rire, aussi. Je suis triste devant le départ de cette grande dame. Une vie bien remplie (et des hommages forcément un peu partout avec des nécrologies déjà écrites depuis longtemps comme ici dans Le Monde). Chacun en retiendra ce qu'il voudra. Moi, je retiens deux mots : combat et femmes.

Combat, lors de multiples combats, qu'on choisisse d'y aller ou qu'on s'y trouve mêlé, les combats demandent de la chance, de la volonté et de la force pour s'en sortir. Ce n'est pas donné à tout le monde. Madame Veil avait ces forces.

Femmes, car parmi d'autres elle a porté longtemps le combat pour les droits des femmes, et pas seulement lors de la loi sur l'IVG. Une voix forte et respectée, haïe des phallos à courte vue sur le moment. Il y a des gens comme ça, qu'on écoute parce qu'ils ont cette capacité à engendre le respect sans en faire un mandarinat ou des effets de manche de tribuns assoiffés de notoriété.


Respect, Madame.

jeudi 29 juin 2017

Dix ans déjà que l'iPhone est là... Le pari de Pascapple

Je vous parle d'un temps
Que les moins de dix ans
Ne peuvent pas connaître...


L'iPhone a dix ans aujourd'hui. (annoncé le 29 janvier, il n'a été commercialisé que le 29 juin 2007).
Une de ces révolutions rapides, mais non instantanées, qui a chamboulé notre monde. Les iPhone d'aujourd'hui ne ressemblent pas beaucoup au premier. Heureusement. Mais presque tous les téléphones, devenus smart depuis, ressemblent au concept initial. Et cela même si d'autres smartphones existaient un peu avant, sans réel succès.

Il reste quelques irréductibles, allergiques à ce type d'engin, bien sûr ou qui ne peuvent pas se les payer, même les clones pas chers ou tombés du camion. C'est une loi de la nature, qu'une règle sans exception ne puisse exister (y compris cette loi elle-même ;) Vive la récursion !

Xavier Niel - par ailleurs fondateur de Free sur la base du i(minitel)phone rose - a choisi ce jour pour inaugurer son incubateur géant à la Station F(reyssinet). Un lieu plein de créateurs, de créatures du numériques et de créations en plein allumage. Un beau symbole, lui qui a toujours admiré Steve Jobs et son marketing génial, jusqu'à adopter la même esthétique dans les pubs de Free et à piquer les mêmes musiques aux Stones.

J'ai dit marketing ? On accuse ou en encense souvent Apple pour son marketing génial (c'est-à-dire qui marche). On parle aussi de l'écosystème autour de l'iPhone, entre la musique, le magasin musical, les applications et leurs développeurs, le nuage et les services mobiles, etc. Mais il faut un point commun à tout cela. Un machin avec lequel l'intimité puisse se créer. Un machin qu'on puisse tenir contre soi (ou oublier entre deux coussins du canapé). L'iPhone a tout de suite joué ce rôle, même dans sa déclinaison iPod.

Moi, par exemple. J'avais à l'époque un vieux Nokia de merde, devenu aujourd'hui objet culte et même relancé (mal, d'ailleurs). Mon objectif était alors, simplement, d'avoir un téléphone. Incroyable, non ? Cela me suffisait. J'avais par ailleurs un iPod vieillissant et ancien modèle, et un gros ordinateur portable pour l'internet. Ca faisait du bruit quand je marchais. Clink-Clank. Quand l'iPhone est sorti, j'ai trouvé ça trop cher, trop limité et pas vraiment utile. Alors j'ai acheté un iPod Touch, en fait un iPhone complet sauf la fonction téléphone et sms. Super. Ca m'a duré quelques années, jusqu'à ce que le ridicule m'atteigne. Je faisais plus de trucs avec mon iPod Touche qu'avec mon téléphone, sorti à regret chaque fois qu'il fallait téléphoner ou texter. Un dinosaure honteux et de moins en moins pratique. Je ne suis venu à l'iPhone qu'à la version 4, histoire de recycler alors ces vieilles interfaces de téléphone.

Aujourd'hui, non seulement ce type d'appareil a changé notre façon de faire, en mobilité, mais il a ouvert des portes riches de potentiel. On a dit que l'iPhone d'alors était déjà plus puissant que les ordinateurs qui ont envoyé l'Homme (américain) sur la Lune. C'est certainement vrai, mais cela ne fait que démontrer l'importance du tissu autour d'une technologie, bien au-delà de la technologie. C'est la NASA, son réseau internet avant l'internet, ses experts (et ses expertes) et ses budgets qui ont réussi un tel exploit. Une technologie ne marche et ne marque que si elle est environnée d'un système qui emporte l'adhésion. Aujourd'hui, on ne parle plus vraiment du système Apple tant il s'est imposé comme une évidence. D'autres industriels ont adopté peu ou prou le même. D'ailleurs, de manière générale, moins on parle d'un système qui marche et plus cela veut dire que le système est adopté et accepté. Le nirvana de tous les directeurs marketing.

L'iPhone a révolutionné plusieurs secteurs. Il y en a tant que je ne peux pas les nommer. Regardez simplement autour de vous. Quelques exemples, le tout de mon crû comme dirait le Canard.

L'éducation. L'éducation en mobilité ou dans des zones non desservies, comme l'Afrique par exemple. Evidemment, des vieux Nokia suffisent pour des messages audio et texte et ont peut déjà faire beaucoup avec. Mais un palier est franchi avec ce type d'outil et de système. Avec en plus un facteur important qui change la relation enseignant-apprenant, car les échanges deviennent facilement bilatéraux et non uniquement "descendants". Les réseaux sociaux seraient-ils possibles sans de tels matériels ? Même s'ils ont commencé sur ordinateur, ils n'ont vraiment décollé qu'avec les applications sur smartphones, permettant une communication immédiate et à tout moment.

Le jeu. Avec des jeux pas chers du tout et même des "gros" jeux, l'iPhone est devenu progressivement une machine de jeu (et avec lui tous les smartphones). Même Nintendo, le roi du jeu, s'est mis à ce concept, avec sa trouvaille intelligente de la Switch, à laquelle j'avoue avoir succombé par fiston interposé. Prenez les jeux en réalité virtuelle ou augmentée par exemple. Il y a Pokémon Go mais il va y avoir beaucoup plus de choses en réalité augmentée, puisqu'un kit pour développeurs vient d'être diffusé. On commence à voir des trucs intéressants.

La relation humaine et sociale a-t-elle souffert de tout ça, va-t-elle souffrir, dans cette réalité augmentée que permet la mobilité ? Une vaste question qui ressemble de plus en plus à ces débats dogmatiques, dont les deux plus célèbres sont :
- vous préférez Mac ou PC (un vieux débat, marqué à l'époque par des pubs géniales)
- vous préférez les chats ou les chiens (un débat aussi ancien que le big bang et jusqu'au prochain au moins, et si vous ne savez pas, un test ici)

Face à ce genre de question, il suffit à mon avis de regarder les jeunes et leurs relations. On peut se plaindre des effets des ondes ou des écrans, on peut se plaindre des addictions, mais on voit simplement apparaître des comportements très différents, en plus des autres. Face à ce genre de question, comme souvent, il est nécessaire de se la poser, d'en parler avec d'autres, par tout moyen virtuel ou présentiel. Nécessaire, mais pas suffisant. Il faut aussi réfléchir et militer pour nos droits, en tant qu'humains utilisant ces technologies et pas seulement en tant que consommateurs de produits. Au fait, utilisateurs d'autres smartphones sous Android de Google, saviez-vous que tous les contenus de vos mails, si vous avez une adresse gratuite en Gmail, étaient lus par Google pour y chercher les moyens de vous envoyer plus de pubs ciblées ? Bienvenue dans le royaume de la pub envahissante.

A chacun son modèle économique me direz-vous et chacune des grandes compagnies GAFSA ou autres ont le leur. Celui d'Apple est simple : vendre de plus en plus de produits et de services à une communauté captive d'un système qui offre tout ou presque : pourquoi en sortir ? C'est ce qu'on pourrait appeler le Pari de Pascapple. Un pari réussi pour le moment...


jeudi 22 juin 2017

L'essence de l'équilibre - "En même temps"

Et hop ! On est vraiment parti pour ce nouveau quinquennat maintenant. Un gouvernement au complet, une Assemblée nationale en place avec un majorité solide et des groupes parlementaires alliés... et un président bien installé. Ne reste plus qu'à agir et à avoir des résultats.

Un petit regard en arrière quand même sur les équilibres actuels.

Jeunes et en même temps vieux : un équilibre temporel partout autour de Macron qui n'a pas peur d'avoir autour de lui des plus jeunes et des plus vieux. Un doux mélange qui permet de mettre en avant ceux qui sont les plus adaptés à chaque moment. On insiste beaucoup en ces premiers jours sur les plus jeunes, car ils étaient bien rares avant, mais ça va se tasser.

Expérimentés et en même temps novices : un autre équilibre temporel mais sur la durée de vie en politique ou aux responsabilités. Là aussi, un équilibre bien calculé pour avoir des experts plus ou moins séniors, des juniors et des individus n'ayant pas trop de leçons à donner ou à recevoir. On insiste beaucoup sur les novices, mais il y en a plein à chaque fois, dont on n'entend plus jamais parler ensuite.

Hommes et en même temps femmes : une première à l'Assemblée à ce niveau (presque 40%) et un très beau score pour la parité au gouvernement, avec des ministères régaliens aux mains de femmes, pas seulement des secrétariats d'Etat. On insiste beaucoup sur les femmes dans les médias, avec un air un soit réjoui des journalistes soit hésitant, une conséquence naturelle du machisme ambiant et qui en a quand même pris un coup ces dernier jours.

De droite et en même temps de gauche : avec des groupes satellites autour. A droite les cons tructifs (j'ai pas bien compris le sens de ce dernier mot), et à gauche les radicaux de gauche qui aimeraient bien faire pareil pour équilibrer et ne pas rater le train, quitte à s'allier avec des socialistes de progrès (un quasi oxymore). Le mot centre disparait petit à petit pour être remplacé par l'adjectif macronien, ni de l'un, ni de l'autre, ni du troisième.

Cadres et en même temps non cadres : euh... ok il y a des non cadres, mais pas beaucoup et pas au plus bas niveaux. Comme dans toute organisation (sauf la fameuse armée mexicaine), il y a toutes sortes de niveaux de responsabilité et de compétences. Tant qu'on n'est touché ni par le principe individuel de Peter sur l'incompétence, ni par la loi organisationnelle de Parkinson sur l'autisme collectif, tout va bien. Gaffe quand même.

Ambitieux et en même temps consciencieux : un doux mélange nécessaire dans le monde du travail, tout dépend du dosage. Un vrai métier d'équilibriste sur un fil de fer coupant comme un rasoir (d'Occam). Un consultant en RH insisterait sur le rôle du management pour contrôler tout ça. Ca tombe bien : il y a un pilote dans l'avion !

Coupables et en même temps innocents : même avant d'être jugé, mis en examen et demain soupçonné. Un syndrome sain en fait. Mais qui entre tellement en conflit avec des habitudes ancrées dans les pratiques, qu'il faudra quelques affaires pour évoluer. Lorsqu'on dit, couramment, que c'est bien fait pour Untel car il a été trop bête pour se faire prendre, on légitime ceux qui ont été moins bêtes et qui ne se sont pas fait prendre. Comme ces responsables qui n'écrivent jamais rien pour ne pas laisser de trace. Comment changer ? Exemplarité des sages ou excommunication des moutons noirs ?

Monde politique et en même temps société civile : il fut un temps où le mot technocrate était honni, où l'expression société civile était parée de toutes les vertus et où le monde politique était intouchable et réservé. Les lignes de fracture sont moins visibles aujourd'hui : les technocrates sont appelés des experts de leur domaine et ne sont légitimes que adoubés par leurs pairs, ce qui n'est pas évident, chaque microcosme étant plein d'égos surdimensionnés par exemple ; les sociétés civiles se déchirent et se clivent souvent, conduites par des leaders qui veulent avant tout affirmer leur statut dominant et leur capacité à parler au nom des autres ; le monde politique a été investi par de simples citoyens non simplets qui ont mille moyens pour intervenir de plus en plus dans le débat.

Bavard et en même temps muet : Il y a ceux qui parlent, qui commentent, qui discutent, qui critiquent (on aime bien ça chez nous). Et il y a ceux qui agissent et tranchent. Une opposition simpliste mais bien réelle quand même. Macron lui-même a choisi la seconde branche de l'alternative. Reste la pédagogie. L'explication. La mobilisation. La motivation... surtout face à des paroles violentes qui ne manqueront pas de se succéder les unes aux autres, venues de tous les bords extrêmes, partageant de manière opportuniste les mêmes mots violents. Et la parole est d'autant plus cruciale (qu'elle soit rare ou omniprésente) qu'il est de plus en plus difficile de séparé l'info de l'intox de nos jours, malgré la multiplication courageuse des décodeurs.

Espoir et en même temps fatalisme : espoir que Macron réussisse comme équilibriste, ou fatalisme genre "ça va rater et dans 5 ans on se retrouve avec le FN" ? Deux attitudes opposées, optimisme-pessimisme, de manière classique et intrinsèques à notre espèce. Un grand mouvement ou des petits pas ? Les premiers pas seront de toutes façons les plus importants.

En Marche et en même temps dans un autre mouvement : debout pour résister ? en marche pour avance ? assis pour regarder de son canapé ? allongé pour subir l'esclavage ? accroupi pour montrer que ça fait chier ? en courant pour se vider la tête ? immobile pour passer inaperçu, idéalement la tête dans le sable comme l'autruche ?... C'est la semaine du yoga. Profitons-en pour alterner les postures.

Macron et en même temps Macron : De Jupiter à Janus. Suivant un cap et un projet, ou voguant habilement sur les flots ? On sait qu'il a de la chance, une grande habileté et intelligence dans plusieurs sens du terme. C'est un bon début. S'il pouvait simplement arrêter de dire "en même temps" tout le temps, ce qui devient un tic de langage de ses "followers". En même temps, c'est une expression dangereuse. On sait bien que toute décision est prise après une écoute attentive des diverses possibilités. Mais le consensus mou ou l'inaction sont des conséquences possibles d'un Enmêmetempisme mal maîtrisé. En même temps n'a de sens que si on ne voit pas le monde comme binaire (droite vs gauche par exemple) mais plutôt comme multipolaire, multicentré, flou, fluide. Comme une mer, donc.

Reconnaissez que c'est plus intéressant à suivre qu'avant, non ?




lundi 12 juin 2017

Une majorité colorée

Parlons couleurs aujourd'hui, voulez-vous ?

On dit que la future Chambre des députés sera monocolore après la victoire écrasante au premier tour des candidats Macron. Il y aura un peu (très peu) de rose fanée du PS et un peu plus de rouge sang d'insoumis et de communistes. Peut-être un peu de vert pas mûr. Il y aura un peu plus de bleu ex-horizon de républicains pas en marche (donc immobiles ?) avec des teintes allant du bleu marine au bleu clair. Il y aura le FN avec très peu (on espère) de bleu nuit (d'horreur) ou de noir ou de marron très foncé (limite brun). 

La couleur du FN a toujours été un casse-tête dans les médias. Marine a introduit le bleu foncé, genre nuit de Chine pas câline. Mais cela a convergé vers le noir ou gris foncé avec le temps. 

Le casse-tête est encore plus terrible avc Macron. Il n'a pas vraiment choisi de couleur dans sa charte graphique où ni le bleu ni le rose ne sont présents de manière systématique. Les médias inventent donc ce qu'ils peuvent, ce qui traduit leur positionnement. 

Revue des couleurs possibles pour LREM :

- Bleu : fréquent et possible mais trop marqué à droite pour certains. Maqué même. La droite a envahi cette gamme de couleurs depuis longtemps, le contraire des USA d'ailleurs. Il y a évidemment plein de nuances de bleu mais c'est la gamme de couleur la plus délicate à définir pour l'œil humain, tous les scientifiques le savent. De plus les gens de gauche utiliseront cette couleur pour marquer Macron afin de montrer leur différence. 

- Rouge : rosé ou sang, c'est très marqué à gauche sans aucune hésitation. De plus les gens de droite utiliseront cette couleur pour marquer Macron afin de montrer leur différence, itou. 

- Vert : pris par les écolos de tous bords politiques. 

- Orange : plus intéressant mais pris par le MoDem qui respire encore entre deux enquêtes préliminaires. On n'est pas loin de Macron mais attention au risque de confusion. 

Il ne reste donc que trois voies :

- Noir et blanc : c'est-à-dire l'absence de couleur. Le refus du code actuel, ancien et de couleurs. C'est la tendance actuelle d'En Marche. Pratique sur les bulletins de vote. Moins cher aussi, mais le blanc sur une carte ça fait un peu vide, le noir trop FN et le gris pas très coloré. 

- le violet ou le mauve : le mélange entre bleu et rouge.  Comme si on était de droite ET de gauche. Un message qui sent le passé binaire puisqu'alors EM! n'existerait que comme mélange des deux couleurs "principales"

- le jaune : la troisième couleur par excellence dans le triangle CMY cher aux imprimeurs (Cyan - Magenta - Jaune). Un vrai système ternaire à trois couleurs donc dans lequel aucune couleur n'existe sans les deux autres. Un changement de paradigme comme disent les philosopheux. Évidemment le jaune n'est pas toujours bien vu de nos jours mais ça peut changer... 

Le choix de la couleur est donc important. On attend de voir le congrès fondateur de LREM. 

En attendant contentez vous de regarder quel média utilise quelle couleur ou l'absence d'icelle. Et allez voter dimanche. 

vendredi 9 juin 2017

La majorité, c'est quoi en démocratie ?

Non, non, ce n'est pas le sujet de philo au bac cette année (quoique on ne sait jamais, tout est possible, comme "le pouvoir sans pouvoir, est-ce possible ?" ou "la démocratie est-elle vraiment le moins pire des systèmes politiques ?"). Mais c'est le sujet pour plusieurs démocraties en ce moment.

Petite revue.

Aux USA, Trump le républicain a été élu président sans avoir la majorité du vote populaire (qui ne compte pas là-bas) et dispose d'un congrès à double majorité pour lui. Et pourtant, suite à quelques enquêtes en cours, il risque une procédure d'impeachment. Le témoignage hier de l'ex-patron du FBI, limogé par Trump, n'a pas été déterminant dans cette direction, mais Trump est touché par ce qui est une des institutions fédérales respectées aux US, un FBI théoriquement du pouvoir exécutif et gardien jaloux de cette prérogative. La démocratie US s'en trouve affaiblie, sur la scène internationale mais surtout à l'intérieur du pays. Trump divise et sa récente annonce du retrait de l'accord de Paris craché à la COP21 divise encore plus. Une situation délicate. Il parait que les conseillers de la Maison-Blanche sont même obligés de l'occuper pour qu'il ne tweete pas trop, surtout dans des circonstances juridiquement délicates comme l'audition d'hier. Un président empêché (de tweeter) c'est déjà une sorte d'empêchement, non ? Sinon, il aurait tweeté pour Thérésa May cette nuit "Don't worry about hung parliament. Fake news"... Mais finalement il a quand même tweeté après coup sur la déposition de Comey... Incorrigible !



Au Royaume-Uni c'est la débâcle pour Thérésa May, la nouvelle dame de fer conservatrice qui n'a pas su amener son parti à la victoire. Elle avait dissous le Parlement pour avoir une plus grande majorité à sa botte et pour être en position de force pour négocier un Brexit dur (les négos commencent dans deux semaines déjà). Patatras ! Son parti n'a plus la majorité absolue et devra passer des alliances soit au coup par coup soit avec un parti (les irlandais unionistes) qui imposera des mesures fortes pour l'Irlande du Nord. En France on se rappelle évidemment les législatives anticipées de Chirac qui avaient conduit à une cohabitation houleuse avec le PS (qui existait encore à l'époque).
Pas toujours facile de manipuler l'opinion, et encore moins à notre époque où les réseaux sociaux et le partage jouent un rôle fondamental pour la démocratie. Madame May va essayer de se maintenir au pouvoir, en tous cas le parti conservateur. On connaîtra le résultat dans quelques jours. N'est pas "Borgen" qui veut. La démocratie anglaise est vieille mais forte. On est sur le fil du rasoir en ce lendemain de défaite historique puisque tout le monde perd : les conservateurs n'ont plus la majorité absolue et les travaillistes ne l'obtiennent pas non plus, même avec leurs alliés naturels.


Pour l'Allemagne, il faudra attendre quelques mois encore, mais le vent de fraîcheur qui souffle dans le monde risque également d'emporter Angela. (A suivre ici évidemment).

Et en France ? Macron réussira-t-il son pari insensé d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale ? Les sondages disent que oui, à deux jours du premier tour, mais les lignes peuvent bouger vite. Si LREM a la majorité absolue, ce sera un exemple fameux et longtemps commenté d'une victoire éblouissante à tous les niveaux, qu'on soit d'accord ou pas avec lui et sa/ses ligne/s. Le bipartisme américain, anglais et allemand en prendrait un coup. En inventant un parti, une ligne et une gouvernance homogène (exécutif et législatif), Macron aurait alors changé le type de rapports démocratiques dans un grand pays. Loin des bipartismes anciens, loin des unions nationales molles, l'hypertrophie d'un centre libéral, social et progressiste (selon ses mots) cantonnerait les franges politiques aux extrêmes (une droite dure, une gauche dans la rue).

La définition de la majorité est donc centrale. C'est quoi une majorité ? 50% des élus ou des votants + une voix ? Cette formule n'a qu'un avantage, c'est d'être binaire. Oui ou non, la seule réponse possible. Pas de milieu, pas de centre, pas de logique floue comme disent les matheux. On peut imaginer d'autres logiques, floue justement, ou même ternaire. On peut aussi introduire plus de proportionnelle pour maximiser le nombre de partis et donc de parties prenantes. C'est ce qui est prévu a priori, en tous cas dans les mesures annoncées. Ces réflexions sont de salubrité publique et ne doivent pas être laissées aux seuls experts du droit constitutionnel formés à l'école de l'Histoire binaire, ni aux seuls militants d'une cause.

La France retient son souffle, même si l'abstention risque d'être importante, encore une fois pour des législatives. On y verra plus clair dans la nuit de dimanche à lundi et ensuite une semaine plus tard.

Allez voter (même blanc si vous voulez).

jeudi 1 juin 2017

Covfefe Smurf Schtroumpf et Trump(f)

Cette affaire du tweet envoyé à minuit par l'ineffffffffable Trump nous a bien fait rigoler. Détails partout, ici par exemple ou  ou même en cet endroit. Que celui qui n'a jamais fait de faute de frappe nous envoie le premier commentaire de troll (en pierre) surtout quand on a un correcteur orthographique assez original qui remplace un mot rare (comme coverage) par un mot fréquent (comme covfefe).

Mais au-delà de la rigolade elle montre la vacuité croissante du commentaire politique et médiatique. Tout le monde se moque du fond (Trump dit une connerie et une méchanceté contre la presse indépendante de lui) pour se gausser de la forme. Une vraie tendance qui empêche beaucoup de débats et qui en décourage certains, obligés par exemple de fuir les réseaux sociaux lorsqu'ils se découvrent "memes".

Les schtroumpfs (smurfs en anglais) nous ont habitué depuis tout petit à comprendre même les mots inexistants. Nos cerveaux sont capables de les schtroumpfer par d'autres, sans aucun schtroumpf. D'ailleurs on utilise cette BD pour apprendre le français belge, ou grâce au dictionnaire illustré franco-schtroumpf de J-L. Chiflet, l'artiste de la langue dans tous ses schtroumpfs. Il est d'ailleurs prouvé que le cerveau sait lire des textes en partie pollués par des erreurs, comme des inversions le lettres, jusqu'à un certain point.

Do you covfefe english ?

Cette Trumperie est donc appelée à un bel avenir. A quand la prochaine BD des Covfefe, ces petits êtres bleus républicains, dont le grand Covfefe porte une mèche blonde et où la covfefette s'appelle Melania ? Ah... si je savais dessiner...

Trumpf ? Cela me rappelle ce billet schtroumpfien ici.

PS tard : Trump a choisi le mépris du monde au profit des américains et de leurs lobbies. En retirant les USA de l'accord de Paris il fédère les autres nations contre lui en plein Sommet Chine-Europe. Macron lui a répondu. En français ET en anglais. Une première à l'Elysée qui lui ouvre les médias US. Make our planet great again, car on n'a ni plan B ni planète B.

Vous avez rigolé tout l'été avec Trump ?
Et bien souffrez, maintenant. 

Mes amitiés au peuple américain. 

 

mardi 30 mai 2017

Présidence internationale

Tout le monde s'accorde pour l'instant pour confirmer que les débuts de Macron sur la scène internationale, en tant que président, sont une réussite. On en parle un peu ?

Incidemment, c'est aujourd'hui le jour où JFK aurait eu 100 ans s'il n'avait pas été assassiné, si Stephen King avait écrit autrement son roman 22/11/63 de science-fiction avec voyage dans le temps justement autour de cette époque, si la médecine avait fait des progrès et si le Pape ne faisait plus de bulles. Hommages partout. Contrastes aussi. de Kennedy à Trump les USA sont capables de tout, c'est clair. Quant à ceux qui comparent Macron à JFK, il reste quelques étapes à franchir.

Poutine n'a pas encore brandi sa chaussure en pleine ONU comme Kroutchev pendant la crise des missiles, mais Macron l'a reçu avec faste au Château de Versailles. Une bonne manière d'honorer la Russie et l'individu tout en lui parlant de tous les sujets qui fâchent et il y en a un paquet avec Poutine, sans que tous ces sujets soient reliés les uns aux autres forcément, malgré les tentatives de certains experts pro ou anti Russie. L'art de la diplomatie c'est l'équilibre et surtout la sortie de l'équilibre au bon moment pour déstabiliser l'autre. L'accueil en France, le même jour que Poutine, du premier gay tchétchène interdit dans cette région russe est un bel exemple de diplomatie explicitement implicite, si j'ose dire. Cela replace aussi la visite de Poutine, hier, dans sa cathédrale parisienne à sa juste valeur, puisque le patriarche russe a aussi réaffirmé son rejet des homosexuels. Une manière intelligente d'affirmer, pour Macron, les positions claires de la France tout en acceptant le dialogue. Un joyeux mélange dans les méandres duquel on pourrait se perdre. Les diplomates et autres experts ne s'y perdent pas, eux. La France joue la carte Europe, en plein accord avec Merkel, dans un mélange habile entre les deux dirigeants. Une seule différence, jusqu'à la fin de l'année, puisque Angela joue cet automne sa réélection. On y verra plus clair ensuite, avec ou sans elle.

La poignée de mains avec Trump a défrayé la chronique. Un petit poing (point) entre deux mâles alpha. Ils auraient aussi pu pisser aux coins de la salle, mais cela ne se fait pas à ce niveau. La mise en scène des réunions (Europe, G7 et OTAN) a été parfaite. C'est quand même mieux quand on maîtrise la Comm sans avoir de journalistes présents, non ? La confusion, d'ailleurs, a été intéressante  entre les réunions, pourtant très différentes : L'Europe ce n'est pas l'OTAN et le G7 c'est autre chose. Certains journalistes se sont étonnés de l'absence de la Russie au G7, oubliant un peu vite que le G8 ou G7+1 était un autre "organe". Le ballet a été parfaitement réglé. Angela a annoncé que les USA (et le Royaume-Uni) n'étaient plus forcément des amis "automatiques" en qui on pouvait avoir confiance. Un gros pétard (explosif, pas à fumer). Il faut dire que Trump a été odieux et même imbécile, comme sur le climat, mais il n'est que le jouet de lobbies dont il fait partie, et que Thérèse May est en campagne et en difficulté : elle s'est fait épingler en direct à la télé par un journaliste célébrissime sur son changement d'avis sur le Brexit, et toutes ces positions internationales qui dramatisent les conséquences négatives du Brexit au Royaume-Uni sont de plus en plus gênantes pour elle, même si elle a encore une confortable avance dans les sondages sur des travaillistes mollassons. Macron, lui, pendant toutes ces réunions ? Il s'est fait remarquer, sans se mettre tout le temps en première ligne : ferme, avec des alliances, influenceur... Pas mal pour un débutant. Il parait même que Sarkozy est bluffé par lui. C'est dire !!!

Ah zut, je me suis gouré de photo, c'est pas Taormina, c'est Cannes et c'est pas G7 mais 70 ans

L'Afrique a été flattée de sa première visite, et pas seulement parce qu'elle était pour les troupes françaises au Sahel, mais parce que son discours africain est beaucoup plus entrepreneur et citoyen que ce qu'o a eu l'habitude d'entendre avant.

Et la Chine ? C'est forcément pour bientôt (lorsque Raffarin sera libéré des législatives).

Reste, pour Macron et son futur parti, à encaisser les dividendes lors des législatives dans moins de deux semaines. La politique internationale n'a jamais beaucoup fasciné les français. Mais l'image présidentielle oui. Royale, jupitérienne, impériale, présidentielle, auréolée, pleine d'autorité morale... Vous choisissez ce que vous voulez. Mais cela rend le reste un peu inaudible, non ?
- Le Pen se débat dans les démons habituels du FN lorsque le ciment du Chef se désagrège. Lorsque Macron reçoit Poutine, cela lui ôte un gros argument de la bouche.
- Les Républicains de Baroin ne savent plus se contrôler eux-mêmes et Fillon continue de les hanter. Comment critiquer un tel président pour le moment ?
- Mélenchon a définitivement pété les plombs en ne parlant que de lui et en insultant ses têtes de turc, compromettant ainsi tout le camp radicalement de gauche qu'i incarnait.
- Le PS a disparu dans une succession de combats individuels à la sauve-qui-peut.

mercredi 24 mai 2017

Une semaine profondément cordiale

Une semaine de pont surtout. Ce mercredi midi, Paris a déjà commencé à se désertifier des travailleurs qui pensent tous à leur week-end de l'Ascension sociale.

C'est cette semaine qu'on a appris le nombre de candidats députés. 7881 pour 577 circonscriptions, soit entre 13 et 14 en moyenne par bureau de vote. De quoi avoir un peu mal au poignet si on souhaite prendre oui ces bulletins. 24 candidats à Paris 5° où je travaille, dont une grande partie de candidats de droite, tous les uns contre les autres dans cette circonscription Tibéri-Fillon réputée imperdable, mais ça c'était avant la déculottée Fillon. 7881, un nombre facile à retenir car il suffit d'ajouter 6000 à 1881, la date qui interdit l'affichage sauvage sur les bâtiments publics. (Ah zut, cet autre article parle de 7882, l'année de la mort de Darwin, cf la fin de ce billet sur les dinosaures). 

42% de femmes seulement (je suis certain que le pourcentage de femmes est plus élevé chez les suppléants). Nous sommes bien en France. Lisez cette page pour comprendre combien l'histoire du féminisme en France est récente. Par exemple, c'est depuis 1965 seulement qu'une femme peut avoir un emploi sans avoir à obtenir l'autorisation de son mari et dispose librement de ses biens propres. Alors, la parité...

La campagne est commencée. Encore un peu plus de deux semaines avant le premier tour. Nous avons une droite qui s'entredéchire officiellement et une gauche où ce n'est pas mieux (Hamon appelant à voter communiste contre les candidats PS qui n'ont pas de candidat LREM contre eux, Mélenchon délinquant tout le monde). Une belle mort pour ces stratégies passées de dinosaures en voie de disparition suite au météore Macron.

Cette campagne est un moment étrange, où la démocratie rencontre l'utopie et le rêve. Pas une utopie venue d'en haut et dictée par des tribuns comme Mélenchon mais une utopie issue d'un travail "ensemble" pour construire le changement, une sorte d'utopie d'en bas comme le disait hier Felwine Sarr, philosophe sénégalais dans une conférence très instructive sur les rapports entre utopie et démocratie, en Afrique, en Europe, en France et dans le monde. L renouvellement des têtes et des idées, des méthodes et des types d'action sera-t-il différent ? C'est un pari intéressant. Doublement. Intéressant à tenter dans un monde bloqué où la tentation de l'extrémisme est un leurre malheureusement très tentant. Intéressant parce qu'il est rentable, justement, dans une grande démocratie comme la Francence. Comme disait Pascal - certes dans un autre contexte - pourquoi s'en priver ?

Parce qu'ailleurs, c'est plutôt atterrant. Trump passe son temps à dire des bêtises dans sa tournée de VRP pour les USA dans le monde. Il a dit "Kim Jong-un est un fou avec des armes nucléaires". C'est celui qui dit qui y est, non ? On pourrait inverser la phrase, en fait. L'affaire du RussiaGate prend de l'ampleur et il ne suffira pas de paroles dilatoires ou de millions de dollars pour l'étouffer. Les anglais retiennent leur souffle avant les prochaines élections. L'attentat ignoble de Manchester vise clairement à déstabiliser les british (et pas seulement sa population et ses jeunes). La démocratie - même flegmatique comme celle outre-Manche - est soluble dans les bombes, on le sait bien, sauf vigilance particulière des citoyens. Heureusement les britanniques ont cette qualité. En France ? Moins, puisqu'on adore s'engueuler mutuellement d'abord et avant tout.

J'en profite pour faire une remarque à propos de ce blog. En passant du statut de quotidien à régulier (au moins hebdomadaire sinon plus), ce blog vit le même phénomène que la presse. quotidiens, hebdos ou mensuels, voire trimestriels. Sans parler de la quadriennale Bougie du sapeur pour laquelle nous devrons patienter jus'n 2020. La lecture et l'écriture prennent des formes différentes. Laissez-moi un peu le temps d'en apprendre les subtilités. Il ne suffit pas en effet de faire disparaître l'écume et les vaguelettes pour voir les lames de fond. Les tourbillons de la vie de l'actualité cachent souvent des maelströms lents et puissants. Sauf actualité phénoménale, il me semble important de se focaliser sur des phénomènes plus profonds.

Quoique la profondeur ne soit pas toujours évidente à déterminer. Je prendrai pour exemple cet article ou celui-ci sur le fameux météorite qui aurait contribué en partie à la fin des dinosaures : s'il était tombé à un autre endroit plus profond (en plein océan au lieu du Golfe du Mexique), les conséquences de l'impact auraient été moins durables, semble-t-il.

De profundis.






vendredi 19 mai 2017

Attention Virages électoraux


C'est aujourd'hui le dernier jour (18h) pour déposer les candidatures aux législatives des 11 et 18 juin. Les médias dissèqueront ces listes pendant au moins dix jours avec des analyses et des études par circonscription, par département ou région, par parti, par genre, par chance d'élection, par possibilités de triangulaires, par religion ou par n'importe quoi. Parlons ici d'équilibres généraux, donc de l'utilité des cardans et des amortisseurs dans les virages.

A droite, les choix sont simples :
- Marine Le Pen qui vient de reprendre les rênes de son parti, après son baby blues traditionnel post-électional, en reconnaissant que son débat était mauvais et en s'éloignant un peu de la ligne Philippot sur l'Euro et le retour au Franc. Il s'agit de se recentrer à droite si j'ose dire, sans patiner en appuyant simultanément sur les deux pédales de frein et d'accélérateur. Un dérapage contrôlé pour mieux balayer la route. Attention à ne pas sortir de la route quand même. Le FN, parti d'extrême droite essaye d'avoir quelques élus (dont Marine) et si possible beaucoup, en mangeant sur la droite de la droite et en éloignant les épouvantails de l'Euro.
- LR (et UDI à la traîne de la locomotive diesel du pauvre leader par défaut de LR) avec son train de sénateur, histoire de ne pas être derrière le FN (notamment s'il n'y a pas de triangulaire) et de constituer une minorité de blocage ou même une majorité rêvée il y a quelques mois et disparue depuis grâce à l'action à la serpe de Fillon. Le projet derrière ces élections s'est affadi puisque tout ce qui faisait l'extrémisme libéral et moral de Fillon a été gommé. Leur danger est de subsister entre le FN et LREM, le nouveau peut nom "absorbant" d'En Marche ! puisqu'il intègre le sigle LR fort habilement.
- LREM justement, comme une manière de conforter l'aile droite du château Macron, quitte à discuter après.
- Les nombreux "divers droite" qui s'abritent derrière des notables bien établis localement qui se rallieront ou pas aux groupes dominants à l'Assemblée nationale. Un ancrage sur le terrain fort bienvenu alors que Macron a adoubé des candidats souvent jeunes et inconnus du terrain.

A gauche, les choix sont complexes : laisser crever le PS en l'obligeant à sortir une crise fondamentale, due à un très mauvais score, ou le soutenir dans sa démarche avec des soins palliatifs. Entre l'aile gauche du château de Macron, de type gauche de gouvernement, et l'aile extrême de Mélenchon, là encore, les ancrages territoriaux de certains élus feront la différence, notamment par et pour les communistes.

Au centre, malgré les hésitations, on se dirige vers un pari gagné pour Macron, au-delà de quelques notables jaloux.

Beaucoup de virages en pespective donc. On n'est plus dans la raffarinade classique "la route est droite mais la pente est forte". La pente est forte, oui, mais la route n'est pas du tout droite. Même à droite.

jeudi 18 mai 2017

De la diversité comme art du gouvernement

L'Etat c'est moi, disait Louis XIV. Ce temps est révolu. Révolutionné même depuis plus de deux siècles, mais la Vème République homogène et indivisible autour d'un Chef d'Etat avec majuscules a pris un peu de jouvence depuis ce week-end.

Un Président qui veut donner une vision, une stratégie et une feuille de route à long terme, avec un premier des ministres qui arbitre le quotidien entouré de ministres experts, c'est à la fois un retour au long terme et une nouvelle façon de faire de la politique. A confronter avec la réalité du terrain et de l'action politique. Le compte rendu du Conseil des ministres de ce jour est à ce titre emblématique de cette nouvelle direction dans l'art d gouverner. Une surprise pour les vieux routards de la politique qui adoraient ls labyrinthiques couloirs du pouvoir pou mieux s'y cacher.

La composition du gouvernement, et le processus lui-même de sa nomination avec vérification a priori des capacités des ministrables, sont des preuves d'une autre méthode. Un équilibre mais une autre manière d'équilibrer. Equilibre des genres, des origines partisanes, des différentes parties de la société, des expériences et des âges. Un vrai exercice réussi, un peu magiquement il faut le dire. Pas parfait, sinon on ne serait pas en France ;) Une mosaïque, un patchwork, une symbiose, un pari ? Toutes acceptions du mot "diversité" qui est riche d'interprétations, comme lui-même l'indique.

Il manque encore des bouts dans ce gouvernement Philippe I comme l'appellent déjà les journalistes, ne croyant pas à sa durabilité. Il faut donc attendre ls décrets d'affectation de tel ou tel secteur qui ne manqueront pas d'arriver très vite. A suivre via le Journal officiel, le Bulletin quotidien ou les médias habituels (Voici, Gala, Paris Match).

J'insisterai sur quelques sujets seulement, qui me sont chers.

La Francophonie ? Pas de ministère ou de secrétariat d'Etat (encore ?) alors qu'elle était liée au développement auparavant. Une simple partie alors des affaires étrangères, elle-même suivant l'Europe dans l'ordre protocolaire. Tout cela aux mains du militaire breton. Une vision intéressante des priorités, même si l'Afrique sera bien servie, compte tenu des relations étroites avec Le Drian et du poids de l'armée française sur ce continent. Ce n'est pas une surprise, vu le faible intérêt en France pour ces questions, le peu de fois où ce sujet a été mentionné dans la campagne présidentielle sauf en terme de culture et de langue (une francophonie liée à la culture ???), et la faiblesse des ministres et secrétaires d'Etat précédents sur ces sujets du type "anciens combattants".

L'enseignement supérieur et la recherche ? Un ministère plein, pas rattaché au ministère de l'éducation nationale centrée sur le scolaire. Ce sont deux visions classiques qui s'affrontent : cohérence du système éducatif global ou spécificité du supérieur ? Chacune a ses avantages mais par rapport à l'innovation et aux questions d'employabilité il y a de vraies différences. Et tant pis pour les projets Bac-3 à Bac+3 censés faire le pont entre les deux mondes.

L'écologie ? Hulot + ministère d'Etat = priorité. Une vraie surprise et un joli coup. Il fallait oser de part et d'autre. Il faudra prouver de part et d'autre au fur et à mesure du temps.

On notera aussi le souhait de Macron de remplacer les directeurs d'administration centrale, dans un système à l'américaine. Un souhait affiché et officiel, pas caché comme dans le passé. J'en connais qui ont déjà habilement changé de poste juste avant, d'ailleurs. On notera enfin le souhait de modifier le rapport de forces entre administrations des ministères et cabinets ministérielles. Un pari osé à vérifier dans son application, vu le poids de la culture séculaire des cabinets en France.

Que du bon, donc, pour le moment. Les opposants d'ailleurs ne savent pas trop par où attaquer ce dispositif, en changeant de pied tout en restant dans leurs angles passés. La prochaine étape est la liste précise des candidats aux législatives (attendre le 19 au soir). Ensuite il y aura le premier tour, les candidats en tête et la liste des deuxièmes tours. On en reparlera mi-juin.

mardi 16 mai 2017

Premier gouvernement... L'attente est dure

Et si aujourd'hui, vous relisiez cet article ? On était le 16 mai 2012 et c'était le premier gouvernement  de Hollande... Pas grand chose n'a changé dans l'attente, si ce n'est le poids plus important de Twitter et des chaines d'info continue. Un vrai marronnier...

lundi 15 mai 2017

I'm back

Bonjour, bonjour.
C'est lundi t ce n'est pas ravioli
Mon dernier billet ici datait de dimanche soir, le jour où Macron a été élu président de la République. Vous vous souvenez ? Un événement qui n'a pas passé inaperçu je crois. L'élection, hein ? Pas mon billet... Quoique ce billet clôture la période hollandesque de 2012 à 2017.

Pendant toute cette semaine je suis parti travailler à Marrakech. Marrakech ? Travailler ? Un oxymore ? Non, non. J'ai même des photos pour le prouver. Et comme dans toute démarche qualité (on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit en le vérifiant) les preuves sont incontestables.

Gibraltar et son rocher, monsieur l'ambassadeur. Histoire de passer le moins de temps possible au-desus de la Mer ou de l'océan. On ne distingue pas bien les bateaux de migrants.

Un hôtel, des contrastes entre l'ombre fraîche et la lumière chaude du soleil. Dans un pays plan de couleurs

La preuve. Je vous avais bien dit que c'était une semaine de travail. Epuisant.

On s'marre à Kech, non ? Joli logo sur ces babouches sino-soukiennes. Cadeau, cadeau.

C'est du travail et pas n'importe quoi : une photo numérique d'un écran dans la salle, montrant un film numérique d'un conférencier montrant lui-même un écran sur lequel est projeté une présentation numérique transmise numériquement à partit du petit ordinateur en bas à gauche. J'aime surtout sa main blanchie par la lumière du projecteur.

Une autre preuve encore plus incontestable de travail, avec mes lunettes. Même à l'aéroport, vous vous rendez compte ?

Bon, au fait, il s'est passé quoi pendant cette semaine en France ?

C'est terrible. Vous partez un lundi matin et vous rentrez un dimanche soir et entre les deux il y a un nouveau président de la République. Intronisé hier sans pluie ou presque. Une stature, des symboles, une hauteur pour le moment. C'est toujours très intéressant de prendre du recul (géographique) par rapport à l'actualité, et le désir s'accroît... (mes lecteurs habituels finiront tous seuls l'alexandrin).

Je n'ai pas pu résister au plaisir de publier quelques Unes du lundi 8 mai, avec retard. En fait, il y en a quand même 141.


Et au fait ?

Oui, oui, le blog continue. Il ne sera plus quotidien et sera mis à jour au gré de mes humeurs, au moins une fois par semaine et peut-être même plusieurs fois par jour s'il le faut.

Plus plein de nouvelles et moins de nouvelles.
Ahlala, la langue française.
Je voulais dire more short stories and less news.