jeudi 22 juin 2017

L'essence de l'équilibre - "En même temps"

Et hop ! On est vraiment parti pour ce nouveau quinquennat maintenant. Un gouvernement au complet, une Assemblée nationale en place avec un majorité solide et des groupes parlementaires alliés... et un président bien installé. Ne reste plus qu'à agir et à avoir des résultats.

Un petit regard en arrière quand même sur les équilibres actuels.

Jeunes et en même temps vieux : un équilibre temporel partout autour de Macron qui n'a pas peur d'avoir autour de lui des plus jeunes et des plus vieux. Un doux mélange qui permet de mettre en avant ceux qui sont les plus adaptés à chaque moment. On insiste beaucoup en ces premiers jours sur les plus jeunes, car ils étaient bien rares avant, mais ça va se tasser.

Expérimentés et en même temps novices : un autre équilibre temporel mais sur la durée de vie en politique ou aux responsabilités. Là aussi, un équilibre bien calculé pour avoir des experts plus ou moins séniors, des juniors et des individus n'ayant pas trop de leçons à donner ou à recevoir. On insiste beaucoup sur les novices, mais il y en a plein à chaque fois, dont on n'entend plus jamais parler ensuite.

Hommes et en même temps femmes : une première à l'Assemblée à ce niveau (presque 40%) et un très beau score pour la parité au gouvernement, avec des ministères régaliens aux mains de femmes, pas seulement des secrétariats d'Etat. On insiste beaucoup sur les femmes dans les médias, avec un air un soit réjoui des journalistes soit hésitant, une conséquence naturelle du machisme ambiant et qui en a quand même pris un coup ces dernier jours.

De droite et en même temps de gauche : avec des groupes satellites autour. A droite les cons tructifs (j'ai pas bien compris le sens de ce dernier mot), et à gauche les radicaux de gauche qui aimeraient bien faire pareil pour équilibrer et ne pas rater le train, quitte à s'allier avec des socialistes de progrès (un quasi oxymore). Le mot centre disparait petit à petit pour être remplacé par l'adjectif macronien, ni de l'un, ni de l'autre, ni du troisième.

Cadres et en même temps non cadres : euh... ok il y a des non cadres, mais pas beaucoup et pas au plus bas niveaux. Comme dans toute organisation (sauf la fameuse armée mexicaine), il y a toutes sortes de niveaux de responsabilité et de compétences. Tant qu'on n'est touché ni par le principe individuel de Peter sur l'incompétence, ni par la loi organisationnelle de Parkinson sur l'autisme collectif, tout va bien. Gaffe quand même.

Ambitieux et en même temps consciencieux : un doux mélange nécessaire dans le monde du travail, tout dépend du dosage. Un vrai métier d'équilibriste sur un fil de fer coupant comme un rasoir (d'Occam). Un consultant en RH insisterait sur le rôle du management pour contrôler tout ça. Ca tombe bien : il y a un pilote dans l'avion !

Coupables et en même temps innocents : même avant d'être jugé, mis en examen et demain soupçonné. Un syndrome sain en fait. Mais qui entre tellement en conflit avec des habitudes ancrées dans les pratiques, qu'il faudra quelques affaires pour évoluer. Lorsqu'on dit, couramment, que c'est bien fait pour Untel car il a été trop bête pour se faire prendre, on légitime ceux qui ont été moins bêtes et qui ne se sont pas fait prendre. Comme ces responsables qui n'écrivent jamais rien pour ne pas laisser de trace. Comment changer ? Exemplarité des sages ou excommunication des moutons noirs ?

Monde politique et en même temps société civile : il fut un temps où le mot technocrate était honni, où l'expression société civile était parée de toutes les vertus et où le monde politique était intouchable et réservé. Les lignes de fracture sont moins visibles aujourd'hui : les technocrates sont appelés des experts de leur domaine et ne sont légitimes que adoubés par leurs pairs, ce qui n'est pas évident, chaque microcosme étant plein d'égos surdimensionnés par exemple ; les sociétés civiles se déchirent et se clivent souvent, conduites par des leaders qui veulent avant tout affirmer leur statut dominant et leur capacité à parler au nom des autres ; le monde politique a été investi par de simples citoyens non simplets qui ont mille moyens pour intervenir de plus en plus dans le débat.

Bavard et en même temps muet : Il y a ceux qui parlent, qui commentent, qui discutent, qui critiquent (on aime bien ça chez nous). Et il y a ceux qui agissent et tranchent. Une opposition simpliste mais bien réelle quand même. Macron lui-même a choisi la seconde branche de l'alternative. Reste la pédagogie. L'explication. La mobilisation. La motivation... surtout face à des paroles violentes qui ne manqueront pas de se succéder les unes aux autres, venues de tous les bords extrêmes, partageant de manière opportuniste les mêmes mots violents. Et la parole est d'autant plus cruciale (qu'elle soit rare ou omniprésente) qu'il est de plus en plus difficile de séparé l'info de l'intox de nos jours, malgré la multiplication courageuse des décodeurs.

Espoir et en même temps fatalisme : espoir que Macron réussisse comme équilibriste, ou fatalisme genre "ça va rater et dans 5 ans on se retrouve avec le FN" ? Deux attitudes opposées, optimisme-pessimisme, de manière classique et intrinsèques à notre espèce. Un grand mouvement ou des petits pas ? Les premiers pas seront de toutes façons les plus importants.

En Marche et en même temps dans un autre mouvement : debout pour résister ? en marche pour avance ? assis pour regarder de son canapé ? allongé pour subir l'esclavage ? accroupi pour montrer que ça fait chier ? en courant pour se vider la tête ? immobile pour passer inaperçu, idéalement la tête dans le sable comme l'autruche ?... C'est la semaine du yoga. Profitons-en pour alterner les postures.

Macron et en même temps Macron : De Jupiter à Janus. Suivant un cap et un projet, ou voguant habilement sur les flots ? On sait qu'il a de la chance, une grande habileté et intelligence dans plusieurs sens du terme. C'est un bon début. S'il pouvait simplement arrêter de dire "en même temps" tout le temps, ce qui devient un tic de langage de ses "followers". En même temps, c'est une expression dangereuse. On sait bien que toute décision est prise après une écoute attentive des diverses possibilités. Mais le consensus mou ou l'inaction sont des conséquences possibles d'un Enmêmetempisme mal maîtrisé. En même temps n'a de sens que si on ne voit pas le monde comme binaire (droite vs gauche par exemple) mais plutôt comme multipolaire, multicentré, flou, fluide. Comme une mer, donc.

Reconnaissez que c'est plus intéressant à suivre qu'avant, non ?




lundi 12 juin 2017

Une majorité colorée

Parlons couleurs aujourd'hui, voulez-vous ?

On dit que la future Chambre des députés sera monocolore après la victoire écrasante au premier tour des candidats Macron. Il y aura un peu (très peu) de rose fanée du PS et un peu plus de rouge sang d'insoumis et de communistes. Peut-être un peu de vert pas mûr. Il y aura un peu plus de bleu ex-horizon de républicains pas en marche (donc immobiles ?) avec des teintes allant du bleu marine au bleu clair. Il y aura le FN avec très peu (on espère) de bleu nuit (d'horreur) ou de noir ou de marron très foncé (limite brun). 

La couleur du FN a toujours été un casse-tête dans les médias. Marine a introduit le bleu foncé, genre nuit de Chine pas câline. Mais cela a convergé vers le noir ou gris foncé avec le temps. 

Le casse-tête est encore plus terrible avc Macron. Il n'a pas vraiment choisi de couleur dans sa charte graphique où ni le bleu ni le rose ne sont présents de manière systématique. Les médias inventent donc ce qu'ils peuvent, ce qui traduit leur positionnement. 

Revue des couleurs possibles pour LREM :

- Bleu : fréquent et possible mais trop marqué à droite pour certains. Maqué même. La droite a envahi cette gamme de couleurs depuis longtemps, le contraire des USA d'ailleurs. Il y a évidemment plein de nuances de bleu mais c'est la gamme de couleur la plus délicate à définir pour l'œil humain, tous les scientifiques le savent. De plus les gens de gauche utiliseront cette couleur pour marquer Macron afin de montrer leur différence. 

- Rouge : rosé ou sang, c'est très marqué à gauche sans aucune hésitation. De plus les gens de droite utiliseront cette couleur pour marquer Macron afin de montrer leur différence, itou. 

- Vert : pris par les écolos de tous bords politiques. 

- Orange : plus intéressant mais pris par le MoDem qui respire encore entre deux enquêtes préliminaires. On n'est pas loin de Macron mais attention au risque de confusion. 

Il ne reste donc que trois voies :

- Noir et blanc : c'est-à-dire l'absence de couleur. Le refus du code actuel, ancien et de couleurs. C'est la tendance actuelle d'En Marche. Pratique sur les bulletins de vote. Moins cher aussi, mais le blanc sur une carte ça fait un peu vide, le noir trop FN et le gris pas très coloré. 

- le violet ou le mauve : le mélange entre bleu et rouge.  Comme si on était de droite ET de gauche. Un message qui sent le passé binaire puisqu'alors EM! n'existerait que comme mélange des deux couleurs "principales"

- le jaune : la troisième couleur par excellence dans le triangle CMY cher aux imprimeurs (Cyan - Magenta - Jaune). Un vrai système ternaire à trois couleurs donc dans lequel aucune couleur n'existe sans les deux autres. Un changement de paradigme comme disent les philosopheux. Évidemment le jaune n'est pas toujours bien vu de nos jours mais ça peut changer... 

Le choix de la couleur est donc important. On attend de voir le congrès fondateur de LREM. 

En attendant contentez vous de regarder quel média utilise quelle couleur ou l'absence d'icelle. Et allez voter dimanche. 

vendredi 9 juin 2017

La majorité, c'est quoi en démocratie ?

Non, non, ce n'est pas le sujet de philo au bac cette année (quoique on ne sait jamais, tout est possible, comme "le pouvoir sans pouvoir, est-ce possible ?" ou "la démocratie est-elle vraiment le moins pire des systèmes politiques ?"). Mais c'est le sujet pour plusieurs démocraties en ce moment.

Petite revue.

Aux USA, Trump le républicain a été élu président sans avoir la majorité du vote populaire (qui ne compte pas là-bas) et dispose d'un congrès à double majorité pour lui. Et pourtant, suite à quelques enquêtes en cours, il risque une procédure d'impeachment. Le témoignage hier de l'ex-patron du FBI, limogé par Trump, n'a pas été déterminant dans cette direction, mais Trump est touché par ce qui est une des institutions fédérales respectées aux US, un FBI théoriquement du pouvoir exécutif et gardien jaloux de cette prérogative. La démocratie US s'en trouve affaiblie, sur la scène internationale mais surtout à l'intérieur du pays. Trump divise et sa récente annonce du retrait de l'accord de Paris craché à la COP21 divise encore plus. Une situation délicate. Il parait que les conseillers de la Maison-Blanche sont même obligés de l'occuper pour qu'il ne tweete pas trop, surtout dans des circonstances juridiquement délicates comme l'audition d'hier. Un président empêché (de tweeter) c'est déjà une sorte d'empêchement, non ? Sinon, il aurait tweeté pour Thérésa May cette nuit "Don't worry about hung parliament. Fake news"... Mais finalement il a quand même tweeté après coup sur la déposition de Comey... Incorrigible !



Au Royaume-Uni c'est la débâcle pour Thérésa May, la nouvelle dame de fer conservatrice qui n'a pas su amener son parti à la victoire. Elle avait dissous le Parlement pour avoir une plus grande majorité à sa botte et pour être en position de force pour négocier un Brexit dur (les négos commencent dans deux semaines déjà). Patatras ! Son parti n'a plus la majorité absolue et devra passer des alliances soit au coup par coup soit avec un parti (les irlandais unionistes) qui imposera des mesures fortes pour l'Irlande du Nord. En France on se rappelle évidemment les législatives anticipées de Chirac qui avaient conduit à une cohabitation houleuse avec le PS (qui existait encore à l'époque).
Pas toujours facile de manipuler l'opinion, et encore moins à notre époque où les réseaux sociaux et le partage jouent un rôle fondamental pour la démocratie. Madame May va essayer de se maintenir au pouvoir, en tous cas le parti conservateur. On connaîtra le résultat dans quelques jours. N'est pas "Borgen" qui veut. La démocratie anglaise est vieille mais forte. On est sur le fil du rasoir en ce lendemain de défaite historique puisque tout le monde perd : les conservateurs n'ont plus la majorité absolue et les travaillistes ne l'obtiennent pas non plus, même avec leurs alliés naturels.


Pour l'Allemagne, il faudra attendre quelques mois encore, mais le vent de fraîcheur qui souffle dans le monde risque également d'emporter Angela. (A suivre ici évidemment).

Et en France ? Macron réussira-t-il son pari insensé d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale ? Les sondages disent que oui, à deux jours du premier tour, mais les lignes peuvent bouger vite. Si LREM a la majorité absolue, ce sera un exemple fameux et longtemps commenté d'une victoire éblouissante à tous les niveaux, qu'on soit d'accord ou pas avec lui et sa/ses ligne/s. Le bipartisme américain, anglais et allemand en prendrait un coup. En inventant un parti, une ligne et une gouvernance homogène (exécutif et législatif), Macron aurait alors changé le type de rapports démocratiques dans un grand pays. Loin des bipartismes anciens, loin des unions nationales molles, l'hypertrophie d'un centre libéral, social et progressiste (selon ses mots) cantonnerait les franges politiques aux extrêmes (une droite dure, une gauche dans la rue).

La définition de la majorité est donc centrale. C'est quoi une majorité ? 50% des élus ou des votants + une voix ? Cette formule n'a qu'un avantage, c'est d'être binaire. Oui ou non, la seule réponse possible. Pas de milieu, pas de centre, pas de logique floue comme disent les matheux. On peut imaginer d'autres logiques, floue justement, ou même ternaire. On peut aussi introduire plus de proportionnelle pour maximiser le nombre de partis et donc de parties prenantes. C'est ce qui est prévu a priori, en tous cas dans les mesures annoncées. Ces réflexions sont de salubrité publique et ne doivent pas être laissées aux seuls experts du droit constitutionnel formés à l'école de l'Histoire binaire, ni aux seuls militants d'une cause.

La France retient son souffle, même si l'abstention risque d'être importante, encore une fois pour des législatives. On y verra plus clair dans la nuit de dimanche à lundi et ensuite une semaine plus tard.

Allez voter (même blanc si vous voulez).

jeudi 1 juin 2017

Covfefe Smurf Schtroumpf et Trump(f)

Cette affaire du tweet envoyé à minuit par l'ineffffffffable Trump nous a bien fait rigoler. Détails partout, ici par exemple ou  ou même en cet endroit. Que celui qui n'a jamais fait de faute de frappe nous envoie le premier commentaire de troll (en pierre) surtout quand on a un correcteur orthographique assez original qui remplace un mot rare (comme coverage) par un mot fréquent (comme covfefe).

Mais au-delà de la rigolade elle montre la vacuité croissante du commentaire politique et médiatique. Tout le monde se moque du fond (Trump dit une connerie et une méchanceté contre la presse indépendante de lui) pour se gausser de la forme. Une vraie tendance qui empêche beaucoup de débats et qui en décourage certains, obligés par exemple de fuir les réseaux sociaux lorsqu'ils se découvrent "memes".

Les schtroumpfs (smurfs en anglais) nous ont habitué depuis tout petit à comprendre même les mots inexistants. Nos cerveaux sont capables de les schtroumpfer par d'autres, sans aucun schtroumpf. D'ailleurs on utilise cette BD pour apprendre le français belge, ou grâce au dictionnaire illustré franco-schtroumpf de J-L. Chiflet, l'artiste de la langue dans tous ses schtroumpfs. Il est d'ailleurs prouvé que le cerveau sait lire des textes en partie pollués par des erreurs, comme des inversions le lettres, jusqu'à un certain point.

Do you covfefe english ?

Cette Trumperie est donc appelée à un bel avenir. A quand la prochaine BD des Covfefe, ces petits êtres bleus républicains, dont le grand Covfefe porte une mèche blonde et où la covfefette s'appelle Melania ? Ah... si je savais dessiner...

Trumpf ? Cela me rappelle ce billet schtroumpfien ici.

PS tard : Trump a choisi le mépris du monde au profit des américains et de leurs lobbies. En retirant les USA de l'accord de Paris il fédère les autres nations contre lui en plein Sommet Chine-Europe. Macron lui a répondu. En français ET en anglais. Une première à l'Elysée qui lui ouvre les médias US. Make our planet great again, car on n'a ni plan B ni planète B.

Vous avez rigolé tout l'été avec Trump ?
Et bien souffrez, maintenant. 

Mes amitiés au peuple américain. 

 

mardi 30 mai 2017

Présidence internationale

Tout le monde s'accorde pour l'instant pour confirmer que les débuts de Macron sur la scène internationale, en tant que président, sont une réussite. On en parle un peu ?

Incidemment, c'est aujourd'hui le jour où JFK aurait eu 100 ans s'il n'avait pas été assassiné, si Stephen King avait écrit autrement son roman 22/11/63 de science-fiction avec voyage dans le temps justement autour de cette époque, si la médecine avait fait des progrès et si le Pape ne faisait plus de bulles. Hommages partout. Contrastes aussi. de Kennedy à Trump les USA sont capables de tout, c'est clair. Quant à ceux qui comparent Macron à JFK, il reste quelques étapes à franchir.

Poutine n'a pas encore brandi sa chaussure en pleine ONU comme Kroutchev pendant la crise des missiles, mais Macron l'a reçu avec faste au Château de Versailles. Une bonne manière d'honorer la Russie et l'individu tout en lui parlant de tous les sujets qui fâchent et il y en a un paquet avec Poutine, sans que tous ces sujets soient reliés les uns aux autres forcément, malgré les tentatives de certains experts pro ou anti Russie. L'art de la diplomatie c'est l'équilibre et surtout la sortie de l'équilibre au bon moment pour déstabiliser l'autre. L'accueil en France, le même jour que Poutine, du premier gay tchétchène interdit dans cette région russe est un bel exemple de diplomatie explicitement implicite, si j'ose dire. Cela replace aussi la visite de Poutine, hier, dans sa cathédrale parisienne à sa juste valeur, puisque le patriarche russe a aussi réaffirmé son rejet des homosexuels. Une manière intelligente d'affirmer, pour Macron, les positions claires de la France tout en acceptant le dialogue. Un joyeux mélange dans les méandres duquel on pourrait se perdre. Les diplomates et autres experts ne s'y perdent pas, eux. La France joue la carte Europe, en plein accord avec Merkel, dans un mélange habile entre les deux dirigeants. Une seule différence, jusqu'à la fin de l'année, puisque Angela joue cet automne sa réélection. On y verra plus clair ensuite, avec ou sans elle.

La poignée de mains avec Trump a défrayé la chronique. Un petit poing (point) entre deux mâles alpha. Ils auraient aussi pu pisser aux coins de la salle, mais cela ne se fait pas à ce niveau. La mise en scène des réunions (Europe, G7 et OTAN) a été parfaite. C'est quand même mieux quand on maîtrise la Comm sans avoir de journalistes présents, non ? La confusion, d'ailleurs, a été intéressante  entre les réunions, pourtant très différentes : L'Europe ce n'est pas l'OTAN et le G7 c'est autre chose. Certains journalistes se sont étonnés de l'absence de la Russie au G7, oubliant un peu vite que le G8 ou G7+1 était un autre "organe". Le ballet a été parfaitement réglé. Angela a annoncé que les USA (et le Royaume-Uni) n'étaient plus forcément des amis "automatiques" en qui on pouvait avoir confiance. Un gros pétard (explosif, pas à fumer). Il faut dire que Trump a été odieux et même imbécile, comme sur le climat, mais il n'est que le jouet de lobbies dont il fait partie, et que Thérèse May est en campagne et en difficulté : elle s'est fait épingler en direct à la télé par un journaliste célébrissime sur son changement d'avis sur le Brexit, et toutes ces positions internationales qui dramatisent les conséquences négatives du Brexit au Royaume-Uni sont de plus en plus gênantes pour elle, même si elle a encore une confortable avance dans les sondages sur des travaillistes mollassons. Macron, lui, pendant toutes ces réunions ? Il s'est fait remarquer, sans se mettre tout le temps en première ligne : ferme, avec des alliances, influenceur... Pas mal pour un débutant. Il parait même que Sarkozy est bluffé par lui. C'est dire !!!

Ah zut, je me suis gouré de photo, c'est pas Taormina, c'est Cannes et c'est pas G7 mais 70 ans

L'Afrique a été flattée de sa première visite, et pas seulement parce qu'elle était pour les troupes françaises au Sahel, mais parce que son discours africain est beaucoup plus entrepreneur et citoyen que ce qu'o a eu l'habitude d'entendre avant.

Et la Chine ? C'est forcément pour bientôt (lorsque Raffarin sera libéré des législatives).

Reste, pour Macron et son futur parti, à encaisser les dividendes lors des législatives dans moins de deux semaines. La politique internationale n'a jamais beaucoup fasciné les français. Mais l'image présidentielle oui. Royale, jupitérienne, impériale, présidentielle, auréolée, pleine d'autorité morale... Vous choisissez ce que vous voulez. Mais cela rend le reste un peu inaudible, non ?
- Le Pen se débat dans les démons habituels du FN lorsque le ciment du Chef se désagrège. Lorsque Macron reçoit Poutine, cela lui ôte un gros argument de la bouche.
- Les Républicains de Baroin ne savent plus se contrôler eux-mêmes et Fillon continue de les hanter. Comment critiquer un tel président pour le moment ?
- Mélenchon a définitivement pété les plombs en ne parlant que de lui et en insultant ses têtes de turc, compromettant ainsi tout le camp radicalement de gauche qu'i incarnait.
- Le PS a disparu dans une succession de combats individuels à la sauve-qui-peut.

mercredi 24 mai 2017

Une semaine profondément cordiale

Une semaine de pont surtout. Ce mercredi midi, Paris a déjà commencé à se désertifier des travailleurs qui pensent tous à leur week-end de l'Ascension sociale.

C'est cette semaine qu'on a appris le nombre de candidats députés. 7881 pour 577 circonscriptions, soit entre 13 et 14 en moyenne par bureau de vote. De quoi avoir un peu mal au poignet si on souhaite prendre oui ces bulletins. 24 candidats à Paris 5° où je travaille, dont une grande partie de candidats de droite, tous les uns contre les autres dans cette circonscription Tibéri-Fillon réputée imperdable, mais ça c'était avant la déculottée Fillon. 7881, un nombre facile à retenir car il suffit d'ajouter 6000 à 1881, la date qui interdit l'affichage sauvage sur les bâtiments publics. (Ah zut, cet autre article parle de 7882, l'année de la mort de Darwin, cf la fin de ce billet sur les dinosaures). 

42% de femmes seulement (je suis certain que le pourcentage de femmes est plus élevé chez les suppléants). Nous sommes bien en France. Lisez cette page pour comprendre combien l'histoire du féminisme en France est récente. Par exemple, c'est depuis 1965 seulement qu'une femme peut avoir un emploi sans avoir à obtenir l'autorisation de son mari et dispose librement de ses biens propres. Alors, la parité...

La campagne est commencée. Encore un peu plus de deux semaines avant le premier tour. Nous avons une droite qui s'entredéchire officiellement et une gauche où ce n'est pas mieux (Hamon appelant à voter communiste contre les candidats PS qui n'ont pas de candidat LREM contre eux, Mélenchon délinquant tout le monde). Une belle mort pour ces stratégies passées de dinosaures en voie de disparition suite au météore Macron.

Cette campagne est un moment étrange, où la démocratie rencontre l'utopie et le rêve. Pas une utopie venue d'en haut et dictée par des tribuns comme Mélenchon mais une utopie issue d'un travail "ensemble" pour construire le changement, une sorte d'utopie d'en bas comme le disait hier Felwine Sarr, philosophe sénégalais dans une conférence très instructive sur les rapports entre utopie et démocratie, en Afrique, en Europe, en France et dans le monde. L renouvellement des têtes et des idées, des méthodes et des types d'action sera-t-il différent ? C'est un pari intéressant. Doublement. Intéressant à tenter dans un monde bloqué où la tentation de l'extrémisme est un leurre malheureusement très tentant. Intéressant parce qu'il est rentable, justement, dans une grande démocratie comme la Francence. Comme disait Pascal - certes dans un autre contexte - pourquoi s'en priver ?

Parce qu'ailleurs, c'est plutôt atterrant. Trump passe son temps à dire des bêtises dans sa tournée de VRP pour les USA dans le monde. Il a dit "Kim Jong-un est un fou avec des armes nucléaires". C'est celui qui dit qui y est, non ? On pourrait inverser la phrase, en fait. L'affaire du RussiaGate prend de l'ampleur et il ne suffira pas de paroles dilatoires ou de millions de dollars pour l'étouffer. Les anglais retiennent leur souffle avant les prochaines élections. L'attentat ignoble de Manchester vise clairement à déstabiliser les british (et pas seulement sa population et ses jeunes). La démocratie - même flegmatique comme celle outre-Manche - est soluble dans les bombes, on le sait bien, sauf vigilance particulière des citoyens. Heureusement les britanniques ont cette qualité. En France ? Moins, puisqu'on adore s'engueuler mutuellement d'abord et avant tout.

J'en profite pour faire une remarque à propos de ce blog. En passant du statut de quotidien à régulier (au moins hebdomadaire sinon plus), ce blog vit le même phénomène que la presse. quotidiens, hebdos ou mensuels, voire trimestriels. Sans parler de la quadriennale Bougie du sapeur pour laquelle nous devrons patienter jus'n 2020. La lecture et l'écriture prennent des formes différentes. Laissez-moi un peu le temps d'en apprendre les subtilités. Il ne suffit pas en effet de faire disparaître l'écume et les vaguelettes pour voir les lames de fond. Les tourbillons de la vie de l'actualité cachent souvent des maelströms lents et puissants. Sauf actualité phénoménale, il me semble important de se focaliser sur des phénomènes plus profonds.

Quoique la profondeur ne soit pas toujours évidente à déterminer. Je prendrai pour exemple cet article ou celui-ci sur le fameux météorite qui aurait contribué en partie à la fin des dinosaures : s'il était tombé à un autre endroit plus profond (en plein océan au lieu du Golfe du Mexique), les conséquences de l'impact auraient été moins durables, semble-t-il.

De profundis.






vendredi 19 mai 2017

Attention Virages électoraux


C'est aujourd'hui le dernier jour (18h) pour déposer les candidatures aux législatives des 11 et 18 juin. Les médias dissèqueront ces listes pendant au moins dix jours avec des analyses et des études par circonscription, par département ou région, par parti, par genre, par chance d'élection, par possibilités de triangulaires, par religion ou par n'importe quoi. Parlons ici d'équilibres généraux, donc de l'utilité des cardans et des amortisseurs dans les virages.

A droite, les choix sont simples :
- Marine Le Pen qui vient de reprendre les rênes de son parti, après son baby blues traditionnel post-électional, en reconnaissant que son débat était mauvais et en s'éloignant un peu de la ligne Philippot sur l'Euro et le retour au Franc. Il s'agit de se recentrer à droite si j'ose dire, sans patiner en appuyant simultanément sur les deux pédales de frein et d'accélérateur. Un dérapage contrôlé pour mieux balayer la route. Attention à ne pas sortir de la route quand même. Le FN, parti d'extrême droite essaye d'avoir quelques élus (dont Marine) et si possible beaucoup, en mangeant sur la droite de la droite et en éloignant les épouvantails de l'Euro.
- LR (et UDI à la traîne de la locomotive diesel du pauvre leader par défaut de LR) avec son train de sénateur, histoire de ne pas être derrière le FN (notamment s'il n'y a pas de triangulaire) et de constituer une minorité de blocage ou même une majorité rêvée il y a quelques mois et disparue depuis grâce à l'action à la serpe de Fillon. Le projet derrière ces élections s'est affadi puisque tout ce qui faisait l'extrémisme libéral et moral de Fillon a été gommé. Leur danger est de subsister entre le FN et LREM, le nouveau peut nom "absorbant" d'En Marche ! puisqu'il intègre le sigle LR fort habilement.
- LREM justement, comme une manière de conforter l'aile droite du château Macron, quitte à discuter après.
- Les nombreux "divers droite" qui s'abritent derrière des notables bien établis localement qui se rallieront ou pas aux groupes dominants à l'Assemblée nationale. Un ancrage sur le terrain fort bienvenu alors que Macron a adoubé des candidats souvent jeunes et inconnus du terrain.

A gauche, les choix sont complexes : laisser crever le PS en l'obligeant à sortir une crise fondamentale, due à un très mauvais score, ou le soutenir dans sa démarche avec des soins palliatifs. Entre l'aile gauche du château de Macron, de type gauche de gouvernement, et l'aile extrême de Mélenchon, là encore, les ancrages territoriaux de certains élus feront la différence, notamment par et pour les communistes.

Au centre, malgré les hésitations, on se dirige vers un pari gagné pour Macron, au-delà de quelques notables jaloux.

Beaucoup de virages en pespective donc. On n'est plus dans la raffarinade classique "la route est droite mais la pente est forte". La pente est forte, oui, mais la route n'est pas du tout droite. Même à droite.

jeudi 18 mai 2017

De la diversité comme art du gouvernement

L'Etat c'est moi, disait Louis XIV. Ce temps est révolu. Révolutionné même depuis plus de deux siècles, mais la Vème République homogène et indivisible autour d'un Chef d'Etat avec majuscules a pris un peu de jouvence depuis ce week-end.

Un Président qui veut donner une vision, une stratégie et une feuille de route à long terme, avec un premier des ministres qui arbitre le quotidien entouré de ministres experts, c'est à la fois un retour au long terme et une nouvelle façon de faire de la politique. A confronter avec la réalité du terrain et de l'action politique. Le compte rendu du Conseil des ministres de ce jour est à ce titre emblématique de cette nouvelle direction dans l'art d gouverner. Une surprise pour les vieux routards de la politique qui adoraient ls labyrinthiques couloirs du pouvoir pou mieux s'y cacher.

La composition du gouvernement, et le processus lui-même de sa nomination avec vérification a priori des capacités des ministrables, sont des preuves d'une autre méthode. Un équilibre mais une autre manière d'équilibrer. Equilibre des genres, des origines partisanes, des différentes parties de la société, des expériences et des âges. Un vrai exercice réussi, un peu magiquement il faut le dire. Pas parfait, sinon on ne serait pas en France ;) Une mosaïque, un patchwork, une symbiose, un pari ? Toutes acceptions du mot "diversité" qui est riche d'interprétations, comme lui-même l'indique.

Il manque encore des bouts dans ce gouvernement Philippe I comme l'appellent déjà les journalistes, ne croyant pas à sa durabilité. Il faut donc attendre ls décrets d'affectation de tel ou tel secteur qui ne manqueront pas d'arriver très vite. A suivre via le Journal officiel, le Bulletin quotidien ou les médias habituels (Voici, Gala, Paris Match).

J'insisterai sur quelques sujets seulement, qui me sont chers.

La Francophonie ? Pas de ministère ou de secrétariat d'Etat (encore ?) alors qu'elle était liée au développement auparavant. Une simple partie alors des affaires étrangères, elle-même suivant l'Europe dans l'ordre protocolaire. Tout cela aux mains du militaire breton. Une vision intéressante des priorités, même si l'Afrique sera bien servie, compte tenu des relations étroites avec Le Drian et du poids de l'armée française sur ce continent. Ce n'est pas une surprise, vu le faible intérêt en France pour ces questions, le peu de fois où ce sujet a été mentionné dans la campagne présidentielle sauf en terme de culture et de langue (une francophonie liée à la culture ???), et la faiblesse des ministres et secrétaires d'Etat précédents sur ces sujets du type "anciens combattants".

L'enseignement supérieur et la recherche ? Un ministère plein, pas rattaché au ministère de l'éducation nationale centrée sur le scolaire. Ce sont deux visions classiques qui s'affrontent : cohérence du système éducatif global ou spécificité du supérieur ? Chacune a ses avantages mais par rapport à l'innovation et aux questions d'employabilité il y a de vraies différences. Et tant pis pour les projets Bac-3 à Bac+3 censés faire le pont entre les deux mondes.

L'écologie ? Hulot + ministère d'Etat = priorité. Une vraie surprise et un joli coup. Il fallait oser de part et d'autre. Il faudra prouver de part et d'autre au fur et à mesure du temps.

On notera aussi le souhait de Macron de remplacer les directeurs d'administration centrale, dans un système à l'américaine. Un souhait affiché et officiel, pas caché comme dans le passé. J'en connais qui ont déjà habilement changé de poste juste avant, d'ailleurs. On notera enfin le souhait de modifier le rapport de forces entre administrations des ministères et cabinets ministérielles. Un pari osé à vérifier dans son application, vu le poids de la culture séculaire des cabinets en France.

Que du bon, donc, pour le moment. Les opposants d'ailleurs ne savent pas trop par où attaquer ce dispositif, en changeant de pied tout en restant dans leurs angles passés. La prochaine étape est la liste précise des candidats aux législatives (attendre le 19 au soir). Ensuite il y aura le premier tour, les candidats en tête et la liste des deuxièmes tours. On en reparlera mi-juin.

mardi 16 mai 2017

Premier gouvernement... L'attente est dure

Et si aujourd'hui, vous relisiez cet article ? On était le 16 mai 2012 et c'était le premier gouvernement  de Hollande... Pas grand chose n'a changé dans l'attente, si ce n'est le poids plus important de Twitter et des chaines d'info continue. Un vrai marronnier...

lundi 15 mai 2017

I'm back

Bonjour, bonjour.
C'est lundi t ce n'est pas ravioli
Mon dernier billet ici datait de dimanche soir, le jour où Macron a été élu président de la République. Vous vous souvenez ? Un événement qui n'a pas passé inaperçu je crois. L'élection, hein ? Pas mon billet... Quoique ce billet clôture la période hollandesque de 2012 à 2017.

Pendant toute cette semaine je suis parti travailler à Marrakech. Marrakech ? Travailler ? Un oxymore ? Non, non. J'ai même des photos pour le prouver. Et comme dans toute démarche qualité (on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit en le vérifiant) les preuves sont incontestables.

Gibraltar et son rocher, monsieur l'ambassadeur. Histoire de passer le moins de temps possible au-desus de la Mer ou de l'océan. On ne distingue pas bien les bateaux de migrants.

Un hôtel, des contrastes entre l'ombre fraîche et la lumière chaude du soleil. Dans un pays plan de couleurs

La preuve. Je vous avais bien dit que c'était une semaine de travail. Epuisant.

On s'marre à Kech, non ? Joli logo sur ces babouches sino-soukiennes. Cadeau, cadeau.

C'est du travail et pas n'importe quoi : une photo numérique d'un écran dans la salle, montrant un film numérique d'un conférencier montrant lui-même un écran sur lequel est projeté une présentation numérique transmise numériquement à partit du petit ordinateur en bas à gauche. J'aime surtout sa main blanchie par la lumière du projecteur.

Une autre preuve encore plus incontestable de travail, avec mes lunettes. Même à l'aéroport, vous vous rendez compte ?

Bon, au fait, il s'est passé quoi pendant cette semaine en France ?

C'est terrible. Vous partez un lundi matin et vous rentrez un dimanche soir et entre les deux il y a un nouveau président de la République. Intronisé hier sans pluie ou presque. Une stature, des symboles, une hauteur pour le moment. C'est toujours très intéressant de prendre du recul (géographique) par rapport à l'actualité, et le désir s'accroît... (mes lecteurs habituels finiront tous seuls l'alexandrin).

Je n'ai pas pu résister au plaisir de publier quelques Unes du lundi 8 mai, avec retard. En fait, il y en a quand même 141.


Et au fait ?

Oui, oui, le blog continue. Il ne sera plus quotidien et sera mis à jour au gré de mes humeurs, au moins une fois par semaine et peut-être même plusieurs fois par jour s'il le faut.

Plus plein de nouvelles et moins de nouvelles.
Ahlala, la langue française.
Je voulais dire more short stories and less news.

dimanche 7 mai 2017

Dernier et premier, en temps réel

7 mai 2017 - 19h00

Je commence ce billet, pour des publications régulières au cours de la soirée électorale. Revenez ici de temps en temps et rafraîchissez vous et l'écran. A coup de Champagne si votre candidat a gagné et à coup de Champagne s'il a perdu pour vous consoler.

C'est un jour très spécial ici sur ce blog. Vous lisez le dernier billet quotidien d'un blog qui aura duré 5 ans entre deux soirées électorales de présidentielles françaises. Mes lecteurs réguliers le savent bien. A partir de demain, ce sera un autre rythme que je vous laisse découvrir : rythme des mots, rythme des publications, rythme de la vie aussi.

C'est aussi un jour spécial pour la France. Un choix entre deux options très différentes. Nous sommes beaucoup à espérer que le favori des sondages gagnera, mais un vote reste un vote.

L'abstention était à 17 heures supérieure de 4 points à celle du premier tour. Elle peut encore être rattrapée, mais c'est bien là le signe d'un vote de défiance. C'est le premier indicateur, celui qui mesure le nombre de ceux qui n'ont pas voulu choisir. Le second indicateur sera le pourcentage de Marine, sur les suffrages exprimés donc. A 20h on en parlera.

Macron a annoncé qu'il ferait une déclaration juste après 20h, de son QG et de son bureau, seul face à la caméra (avec Brigitte ?), pas devant des militants joyeux (on espère pour nous et pour eux). Une nouvelle tradition. Puis il y aura le bain de foule nécessaire, au Carrousel du Louvre, entre la pyramide et l'arc de triomphe. Marine sera au Châlet du Lac, sur une fête intime sur cette petite île du Bois de Vincennes. Histoire de filtrer les participants, d'interdire à quelques journalistes d'être là, et peut-être de fonder une nouvelle France si elle n'est pas élue, puisqu'elle va entrer en résistance.

Cette soirée sera intéressante à suivre, car beaucoup de discours auront été préparés à l'avance, ainsi que les réactions des principaux politiciens. On y parlera, bilan, législatives, presse, sondages, scandales, Macronleaks et autres demandes insidieuses pour devenir ministre ou député. Hollande parlera-t-il ? Normalement oui, puisque dès demain 8 mai il se retrouvera avec le nouveau président pour les célébrations de la dinde la deuxième guerre mondiale, encore seconde à cette heure.

A tout à l'heure...


19h15

On saura ce soir dans quel ordre seront les trois camps : celui qui a voté Macron, celui qui a voté Marine et celui qui a choisi de ne pas choisir. Au-delà des pourcentages, il faudra donc additionner les nombres de voix. Pour Macron et Marine cela sera facile. Pour la troisième voix du non choix, il faudra additionner les abstentions, et les votes blancs ou nuls.

Ce qui serait bien, de mon point de vue, c'est que Marine soit troisième en nombre de voix, derrière Macron et derrière ceux qui n'ont pas choisi. Ce serait une belle gifle. Mais Macron pourrait aussi avoir moins de voix que les non-choix, ce qui poserait un vrai problème politique. On verra

19h51


Une grosse fête se prépare au Louvre alors que l'intimité de l'île de Vincennes est un contraste saisissant à la télé en tous cas. A la télé ils ont tous le sourire et j'ai entendu au moins deux lapsus. Il est vrai que le neutre n'existe pas en français et que c'est donc le masculin qui prévaut. Mon oeil...

20h00 moins quelques secondes

Moment fatidique avant les chiffres. Mais on y est dit France 2. 12 secondes... 65,1 !
Et les blancs et nuls ? Seconds ou troisièmes ? Visiblement seconds, donc Marine est derrière les non-choix aussi ! Super ! Un mauvais score pour elle !!! Bye bye

Bon, une bonne chose de faite.

Réactions :
Bayrou, un résultat magnifique. Sauf qu'il ne sait toujours pas compter (ministre des finances ?) et parle de deux français sur trois.
Ségolène : un jeune, un non-violent de la politique
Dupont gnangnan : une vieille politique. Maintenant une recomposition politique (avec lui en passerelle, méprisante pour les autres).

Marine très vite : il est la continuité, je suis la première force d'opposition. Elle a parlé du FN !!! incroyable. Mais pour mieux le transformer et en faire une alliance (le parti de Marine). Dis-court, très court. Re-dé-composer le FN ? Oui, oui, oui, asap.

Baroin : évidemment dans l'opposition, il mènera (dans le mur) les républicains dans la bataille des législatives.

L'écart s'accroît avec 65,5

Villepin parle de l'Europe en vrai ministre des affaires étrangères ?

On attend le discours de Macron bientôt, mais en attendant Collomb et Baroin s'engueulent. Normal. Bayrou parle de signal fort et d'une dimension planétaire. Wow. Corbières est content et furieux comme d'hab. Piteux.

21h 65,8
Macron parle, mais de son QG devant ses supporters, pas derrière son bureau. Quelle arnaque. Une fake news ??? Je suis scandalisé. Que va-t-il dire ??? Créer un empire ?
Alors ? Attente intolérable.
Il a dit, gravement des tas de choses. Il remercie (comme aux Oscars). Il est bien sérieux. Il ne méconnait rien. Pas de voix de partisans, puisque finalement il est seul. Il protégera les plus fragiles, dit-il. C'est étrange un tel discours sans cris derrière. Son discours est sérieux et marque une différence certaine. On est dans un discours plus posé, sans violence. Je défendrai la France, je défendrai l'Europe. Il salue le mode de manière fraternelle et s'excite un peu, y compris en parlant de changement climatique. Une nouvelle page s'ouvre ce soir, celle de l'espoir. Renouvellement, moralisation, pluralisme. Une voix douce et pas du tout fanfaronne.
Il salue François (d'une seule phrase) et puis passe à autre chose ;) très très vite.
Aimons la France. Avec humilité, dévouement et détermination.

Ce silence autour de lui a donné une autre dimension à sa stature présidentielle. Sérieux, mais pas d'âme. Comme si on entrait dans la cour des grands. Peur ? Calme ? Responsable. Un autre ton. On n'est pas dans l'émotion. Un changement intéressant, pas un espoir fou ni une arnaque de comm. Mais, vu en tant que spectateur-blogueur, par très mobilisateur.

Bonne chance. A lui, à la France et à vous. A moi aussi dans cette nouvelle étape de ce blog.
A partir de demain...

PS (si j'ose dire) : Mélenchon ne barguigne pas et rappelle, comme ici plus tôt, que Marine est troisième. Un tribun habitué au combat. Fédérez-vous les gens ??? Il n'a plus quinze ans, il pourrait parler mieux.

PPS : Le discours au Louvre sera certainement plus flamboyant. Un calme, un agité. Un symbole d'un discours d'un nouveau genre, entre deux. Un ton impalpable. Sur lequel les critiques glissent. Une force, en fait. Quand un Rachline parle, par exemple, on sent le discours répété, sans changement.

Bon, maintenant on passe à SuperMarioKart à plusieurs. Ciao !!!



samedi 6 mai 2017

Cinq ans pile poil

6 mai 2017. 1827ème billet posté sur ce blog depuis le premier, le 6 mai 2012. 

Cinq ans. 
Un lustre. 

(Parenthèse matheuse)
1827 = 5x365 + 1 + 1. Un pour l'année bissextile et un pour aujourd'hui.
Notons que si un tel blog avait existé pendant le quinquennat précédent (horreur sarkozienne) il aurait comporté un billet de plus puisqu'il y avait alors deux années bissextiles. 
(Fin de la parenthèse matheuse)

Pour ne pas parler de la campagne, période de réserve oblige, malgré la tentative de déstabilisation de Macron via un Macronleaks cette nuit, il suffira de parler d'autres choses. Comme souvent sur ce blog où j'ai abordé beaucoup de sujets, en mini-Cyrano que je suis. 

International ?
L'Afrique se moque de la paralysie en Algérie, suite à des élections sans surprise, mais aussi sans innovation et message mobilisateur. Rien à attendre de ce côté sauf la mort du chef d'Etat. Une abstention record et calculée à la décimale près pour être honorable. 
Trump célèbre la mort de l'Obamacare, votée par des députés qui n'ont même pas lu son remplaçant, dans un mépris assumé des pauvres. 

Francophonie ?
Rien à signaler, comme souvent depuis la prise de fonctions de sa secrétaire générale actuelle. Aucun combat fort mené par elle, alors que l'UE par exemple a, par la bouche de Juncker, porté un coup symbolique mais fort en choisissant de parler en français plutôt qu'en anglais dans une conférence publique. 

Science ?
Hawking nous alerte sur le fait que l'Homme devra avoir trouvé une autre planète d'ici 100 ans car la nôtre commencera à être difficile à vivre. Pendant ce temps l'Antarctique se fracture et Trump coupe des crédits partout. 

Internet ?
Google prospère et va s'attaquer à de plus en plus de données qui nous concernent, notamment dans la santé. Pourquoi avoir peur des robots puisqu'on devient petit-à-petit comme eux sous les ordres du Général Google comme dans Le Prisonnier. Non, nous ne sommes pas des numéros, petits ou grands, limités ou de l'ordre du gogol. 

Art et Culture ?
Urgence de l'Art, partout, tout le temps mais surtout ici et maintenant. De la musique à la peinture, en passant par le jeu vidéo. Et par le livre sous toutes ses formes, moi qui aime bien le numérique. Ne ratez pas le festival Quartier du Livre au quartier latin du 17 au 24. Vous risquez même de m'y voir ;)

Sport ?
Du foot mal en point en France au hockey sur glace en coupe du monde à Paris (et Cologne). Ou plutôt de ce faux sport que Nike vient d'inventer ? Le coup marketing à grands coups de millions, de chaussures truquées, de voiture aspirante et de coureurs lièvres remplacés à chaque tour ? Tout ça pour faire descendre le marathon en-dessous de deux heures ??? Raté, et heureusement. Les technophilocrates n'ont qu'à travailler avec des robots, non mais !

Paris ?
Paris retrouve des couleurs chez les touristes. Et cela sera encore mieux avec l'opération marketing de la Mairie sur la vente d'œuvres d'art composées de cadenas venus des ponts sacrifiés alors à l'amour destructeur des touristes irresponsables. A l'époque nous avions conduit ce combat contre la bêtise humaine. Maintenant c'est devenu de l'art et si vous voulez avoir un tel "machin" chez vous, ça se passe la semaine prochaine. Ce sera cher mais les bénéfices iront à des associations qui aident les migrants et autres réfugiés. 

 

Télé ?
De moins en moins de trucs à regarder, surtout pour les jeunes qui regardent d'autres choses ou en différé. Un média de plus en plus vieux, comme son auditoire ou qui se met en abîme en parlant de plus en plus de lui au passé. Une lucarne sur le monde qui est devenue un monde recroquevillé sur lui/même. On notera quand même quelques pépites par-ci par-là. Et un contraste saisissant entre l'éphémère et le durable. Je m'en suis rendu compte à chaque fois que bloguais en direct pendant un événement sportif, politique, culturel ou ludique. En relisant le lendemain la description en temps réel, l'écart est terrible, comme si on n'avait pas vu la même chose à quelques heures d'intervalle que soi-même la veille. 

L'humour ?
Beauf !

L'amour ?
Oui !

Et d'autres mots-clés utilisés ici ?

monde (349) hollande (255)déontologie (245) temps de cerveau (243) partis (186)nouvelle (171) europe (144) art(142) internet (141) fête (127) finance(125) social (106) Paris (104) science(96) élection (93) afrique (88)gouvernement (85) foot (82) loi (76)presse (62) été (62) sport (59) sarkozy(57) Z (49) éducation (46)environnement (41) histoire (39)francophonie (37) religion (35) télé (34)législatives (32) santé (32) France (26)musique (17) finances (11) feuilleton (9)aujourdhui (8) lovelocks (7) quinquennat (6)Gentilliti (5) simulation (5) animaux (4) conseil (3)lettres (3) Livecode (2) Manif (2) roman (2) restaurant(1)

Alors, oui, il y en a des sujets possibles ! Choisir est difficile mais nécessaire. S'abstenir ou se retirer de ce choix n'est pas possible. Sauf à déjà être un robot lobotomisé. 

A bon entendeur salut ! Moi je suis très occupé à nettoyer le lustre, à en raviver les couleurs et à m'assurer qu'il tient bien. Et pour longtemps encore, même si j'ai choisi de le raccrocher ailleurs. 

vendredi 5 mai 2017

Sale temps pour les extrême-droite, en cette fin de campagne. En fin !

Dernier jour pour parler de la campagne électorale ici.
Demain samedi, on parlera d'autres sujets, période de réserve oblige, souvent abordés sur ce blog en pleine renaissance.
Dimanche soir, pour suivre la soirée électorale évidemment, comme le 6 mai 2012, date du premier billet de ce blog.
Quant à lundi... je vous laisse haleter en plein suspense !

Alors, cette fin de campagne ?

Prenez les britanniques, enfermés dans leur Brexit plus ou moins dur et leurs prochaines élections générales début juin. Il y avait hier les élections locales, et à la surprise générale, l'UKIP a perdu tous ses sièges locaux. Tous. Pour ceux qui ont oublié, l'UKIP c'est le FN britannique, ardent défenseur du Brexit et farci d'affaires judiciaires. Au plan européen - un paradoxe - un concurrent du FN. Ils pourront se consoler ensemble à partir de lundi, j'espère. On prédit à l'UKIP une terrible défaite aux élections générales équivalente, disent même certains médias du Royaume-Uni, à une disparition.

La situation est très différente en France, dira Marine qui s'est consolée de son débat raté devant des partisans regroupés dans un petit village très FN (à ne pas confondre avec un autre village gaulois). Mais elle est bien isolée. Beaucoup de cadres de son parti et de ses militants se déclarent déçus par la tactique frontalement agressive qu'elle a adoptée pendant le débat. Une sorte d'orgie de mots et d'expressions violentes contre tout ce qui n'est pas elle. Une super manière de rassembler et de développer des arguments pour elle. On reparlera certainement de ce débat pendant longtemps !

Macron a annoncé ce matin qu'il avait choisi son/sa premier ministre, mais qu'il ne dirait rien avant d'être élu et que le gouvernement ne serait évidemment pas en place avant la passation de pouvoir. A suivre dimanche soir pour son discours devant la Pyramide du Louvre, puisque c'est le lieu (central) retenu pour la victoire, ni à droite de Paris où la droite a déjà manifesté, ni à gauche de Paris où la gauche a déjà manifesté. Je vous renvoie à la carte publiée dans ce billet ;) en plein dans le jaune. N'oubliez pas que la passation de pouvoir n'aura lieu que le 13 ou le 14 mai.

Marine, elle, est accroché à son "Dubon Nanan" de premier ministre, de plus en plus contesté dans ses propres rangs, lui aussi, pour avoir rallié l'ennemi de tout gaulliste déclaré. A Yerres, sa ville, il y a eu des manifestations contre lui, le Maire absolu pourtant. Des manifs à Yerres ??? Invraisemblable il y a encore dix jours.

Cette campagne a été très différente des autres présidentielles. Elle en a frustré beaucoup, énervé autant et découragé un nombre trop important de citoyens. La faute en particulier aux égos démesurés de certains individus.

- Mélenchon, prêt à tout pour rester numéro 1, quitte à déplacer son combat dans la rue comme un tribun de foire - en 3D ou non - au mépris d'un mouvement collectif qui est pourtant riche de potentiel républicain, d'insoumission et d'indignation debout. L'homme du refus des alliances et des prises de position stratégiques, et en même temps l'intellectuel intelligent et idéologue.
- Fillon, le destructeur de la droite républicaine, persuadé et convaincu qu'il avait un destin devant lui et qui a fermé ses oeillères pour ne pas voir qu'il se faisait distancer par lui, accusant la terre entière de sa défaite sans voir la poutre qu'il avait dans l'oeil. L'homme de l'extrême rigueur et exigence... pour les autres, pas pour sa famille.
- Marine, l'héritière heureuse d'avoir tué le père, en tous cas amélioré son score, entourée d'une cour de flatteurs, genre grand siècle proche du vrai peuple qui ne mange pourtant pas de la brioche tous les jours. Elle se rendrait aujourd'hui à la Cathédrale de Reims ? La femme politique qui a montré son incompétence au-delà des discours enflammés, convaincue que sa force à la tribune suffisait.
- Hamon, Valls et les autres socialistes, chacun persuadé de présenter la synthèse, à court ou moyen terme, d'un parti important historiquement et brisé dans une bataille de personnalités, même pas comme d'habitude une bataille de courants (ou de motions comme on dit au PS). Incapables de passer de nouveaux accords.
- Dubon-Nanan qui a vendu sa liberté affichée contre quelques centaines de milliers d'euros pour sa campagne et le plaisir de parler devant des milliers de personnes dans un grand meeting en vedette américaine du FN. Encore un qui a raison, seul contre tous, y compris dans sa définition du gaullisme.

Il en manque deux dans la liste.

François ? Il visait à empêcher Marine d'être la prochaine présidente, ce qui aurait fait/ferait de lui un président honni de tous. Il visait à empêcher la publication et la discussion de son bilan, jugé bon par lui et qui a été égrené tout au long de ces cinq années sur ce blog. Un égo plus discret mais qui a visé à sortir le plus possible par le haut de cet épisode de sa vie, en attendant le suivant, marié ou non, en poste ou pas.  Les derniers chiffres du chômage ou de sa popularité montrent qu'il n'y est évidemment pas parvenu. On attend le bilan du passé qui ne manquera pas d'être fait pour les législatives.

Et enfin Macron ? Un homme qui a eu une chance incroyable, qui a su saisir les opportunités qui se sont offertes à lui, qui a su organiser sa trajectoire. Un égo apparemment plus faible. A voir avec le temps. Pas une bataille d'égos de son côté, mais une logique d'action groupée. Un yoyo dans les sondages et les opinions, en fonction de la lente affirmation de sa force tranquille, de son calme volontariste et de son apprentissage initiatique du pouvoir, salué même par Obama.

Nous, citoyens et électeurs, on en a marre de cette campagne étrange. On a envie qu'elle se termine dimanche à 20 heures. On a envie de passer à la suite, même si on n'est pas d'accord sur la suite.

Et puis, pour mémoire, what else ? Allez voter dimanche. Macron of course.

jeudi 4 mai 2017

Buckingham

Réveil douloureux ce matin. Genre gueule de bois après le débat d'hier soir. Se faire engueuler pendant plus de deux heures, c'est dur, même pour le téléspectateur lambda que je suis. J'imagine le stress des deux journalistes envoyés à l'abattoir médiatique par leurs confrères plus avisés et je leur conseille de se mettre en vacances jusqu'à dimanche, pour garder un peu de leur santé et sanité.

Quand on n'a pas l'habitude de regarder Marine pendant plus de quelques minutes, on ne peut pas imaginer la quantité de rancoeur déversée par elle. C'est étourdissant. Au-delà de son parti d'extrême-droite et de ses valeurs plus que critiquables, au-delà de la famille Le Pen où elle puise plus de ressources du côté de son père que de sa nièce, au-delà de son programme à peine entrevu et d'une incohérence évidente, sa personnalité a remporté la palme : Brrrrrrrrrr.

J'ai relu ce matin mon billet d'hier, blogué en direct pendant le débat au fur et à mesure. Glaçant. Encore plus à froid.

Alors ?

Alors ce matin, enfin une nouvelle différente, pour nous changer les idées, à nous pauvres français. Il s'agit d'une nouvelle venue du Palais de Buckingham, à Londres, avec une annonce importante attendue de manière imminente. Les médias français commencent à en parler, mais les britanniques sont sur le pont (bridge over troubled water ?)

Alors ???

C'est le Prince Philip (95 ans quand même) qui annonce renoncer à tous ses engagements publics à partir de septembre; Un tremblement de terre qui a même fait frémir la Corée du Nord. Une annonce en urgence, histoire de refaire parler de royauté. En attendant d'autres annonces...

Je sais, je sais. C'est une nouvelle terrifiante. Il faut que vous la digériez. J'y reviendrai plus tard dans la journée.



May the fourth be with you

mercredi 3 mai 2017

D'ébats amoureux, sportifs ou politiques ?

Soirée complexe. 

Pas d'ébats amoureux et de toutes façons je ne vous en parlerais pas ici ;)

Pas d'ébats sportifs puisque la priorité sera donnée au débat de l'entre deux. 

 

D'ébats politiques donc. Pas du tout amoureux, mais un peu sportifs pour les deux candidats. 

Comme de temps en temps, ici et maintenant,quelques reactions au fil du débat, de la part de quelqu'un qui va voter Macron. 

Attaque frontale et individuelle de Marine avec une réponse plutôt calme de Macron. 

Sur le plan économique, comme d'habitude, elle ne parle pas de son programme mais attaque le passé et le futur de Macron. Une tactique classique de sa part. Un moyen à la fois de ne pas répondre et de critiquer l'autre. Saura-t-il éviter ce piège ?

Au début ils parlent donc de deux choses différentes : le passé contre le futur, le travail des dossiers en amont ou des petites phrases perfides comme sur l'élève et le professeur, les gros contre les petits. 

Très pesant, comme débat, Marine ne voulant qu'interrompre et les journalistes étant impuissants. Elle continue tranquillement sa tactique à coups de déformation de la vérité selon Macron ce qui lui permet de parler plus sans être interrompue. Bien joué. Il parle trop.  

Débat sur acheter et donner, machine et humain, individu et famille. Des approches binaires donc simplistes. Mais efficaces. 

Pour la santé, attaques directes de Marine sur Servier. Quelques points d'accord quand même, notamment sur les déserts médicaux des Tartares. On dirait, à l'entendre, qu'elle se Mélenchonise sur l'économie. Hilarant. 

Enfin le terrorisme ! Marine sourit enfin. Enfin, elle parle. Longuement. Et lui l'accuse de poudre aux yeux de perlimpinpin et de sauts de cabri. 

Quand on regarde leurs visages, on est étonné. Elle a un air méchant, vraiment. Et il reste calme. Impressionnant. Une simple analyse en coupant un peu le son, une astuce toujours utile. Regard méchant contre regard hautain, un bon résumé de cette campagne où les débats de fond sont à sens unique. J'aime particulièrement quand Marine regarde désespérément ses fiches. Elle en a une grosse pile. Et ses yeux sont souvent baissés. 

Journalistes énervés car dépassés. Fascinant. Le maquillage de Marine rougit. Les journalistes essayent de reprendre la main mais c'est dur pour eux, quitte à passer pour des anti-Marine. 

L'Europe enfin ! Un vrai désaccord. Sur l'Euro évidemment. Macron exploite les flous de Marine sur la monnaie qui mélange tout (une impréparation crasse !!!). Des discours complexes à suivre. Un débat Melenchon - Macron en fait. Effrayant comme mélange. 

Ah ! Enfin Marine dit du mal d'Angela ! Et Macron fait rigoler Marine sur le nationalisme et la sortie de l'Histoire. Sur Trump et Poutine, il attaque (enfin).  Elle répond qu'elle sera La France, respectueuse de toutes les nations. Mais son discours est quand même très délicat : équidistance entre USA et Russie. 

Elle est la mieux parlée ? Fatigant ce débat, pour eux et surtout pour nous ;)

Conclusion ? On se dépêche. 

Ah oui. L'école ? Un peu à la va-vite. Macron parle beaucoup de la mère des batailles, sur le primaire ici. Marine privilégie la langue française et la discipline. 

Et sur les institutions, ils sont plus pacifiés, parce qu'en fait, tout le monde s'en fout. Et Marine attaque sans répondre, genre diffamation et insinuations. Macron répond en l'accusant d'être indigne. Cool, ce couple. 

Macron est debout et Marine l'accuse d'être soumis. On tombe dans le sado-maso. Elle est très folle, non ?

Carte blanche : Macron parle de l'outre-mer un peu et beaucoup du handicap. Marine, elle, parle de ? Immigration ? Zut raté. Elle continue sur le handicap. Et sa carte blanche alors ? Ah, elle parle de solidarité nationale ? Ah non. Elle parle en général contre lui encore une fois, genre bouledogue. Pas clair. On dirait une conclusion... Macron en profite pour détruire sa campagne de désinformation, pendant qu'elle se marre. 

Critique du Macron socialiste ou républicain contre projet plus ou moins ? Un bon résumé de ce débat. 

Conclusion : Marine se prend pour Marianne ! Une conclusion contre lui et sa déstructuration. Macron parle de ce que la France mérite, du doute moral à combattre, de la nécessité de l'unité, de l'ouverture. 

Finalement, il s'en est bien sorti !

mardi 2 mai 2017

En mai, fais ce qu'il te plaît, mais ne vote pas Marine et reprends-toi

Un titre de billet un peu simpliste, mais qui est incontournable. Moi, je voterai Macron et cela ne surprendra pas les lecteurs de ce blog. On notera qu'aujourd'hui a été publié les résultats de la consultation sur la plateforme des insoumis. Trois choix seulement étaient possibles : Macron, blanc ou nul, abstention. C'est presque trois tiers (34, 36, 29). On remarquera qu'il y a eu beaucoup d'abstention sur cette plateforme - d'ailleurs - et un sondage réalisé sur les électeurs de Mélenchon (beaucoup plus nombreux que les inscrits sur la plateforme, naturellement plus militants) a mis Macron à 51% et avec une petite vingtaine de % pour Marine, quand même. Le débat fait toujours rage : sans moi ou à contrecoeur. Un vieux débat à la Jean Valjean... Pourtant... Pourtant... Imaginer le FN à plus de 40% est en soi déjà un cauchemar.

Les votes blancs, nuls et abstentions ne changeront pas les pourcentages entre les deux candidats, sauf... si les électeurs possibles de Macron préfèrent ne pas choisir, car alors ils font mécaniquement augmenter le pourcentage du FN. Ce serait la même chose pour des électeurs de Marine qui préféreraient voter blanc par exemple, mais personne n'envisage ce cas de figure. Comment ne pas afficher un pourcentage élevé pour le FN - 40% c'est beaucoup, beaucoup trop ? En votant Macron, c'est simple. Tout le reste est paroles.

Mais en mai, il se passe d'autres choses, sur le plan économique.

Gibert Joseph, la créature du frère aîné, absorbe Gibert Jeune. Une première depuis la séparation entre les deux frères en 1929... Le haut du Boul'Mich achète le bas et la boutique historique du père fondateur. Une révolution chez les intellos du quartier et dans le monde de la librairie, puisqu'on parle ici de très grandes librairies, parmi les plus importantes de France. Un soulagement pour les lecteurs qui ne savaient jamais chez lequel aller, même si les deux marques devraient cohabiter. On espère quand même une rationalisation dans les librairies spécialisées, et le monde de l'occasion. A titre personnel, j'aime aller au rayon littérature de Joseph Gibert lors d'une rentrée littéraire, histoire de picorer dans les piles de livres neufs des livres d'occasion revendus dès réception par des journalistes ou des collègues écrivains, histoire de se faire un peu de ronds comme Du Bon Nanan (le nouvel allié de Marine), des livres souvent dédicacés à des chers amis qui s'en sont séparés plus vite que le son ne passe entre les deux Gibert.

Tati cherche un repreneur, pour ses magasins un peu partout et aussi pour son navire amiral à Barbès. Pas la fin de la marque, qui a déjà été rachetée plusieurs fois depuis la cessions par son fondateur. Tati reste un symbole de ce quartier populaire et un lieu où les produits sont aussi peu chers que les vendeuses ont du caractère, deux avantages inestimables. Les vendeurs d'objets cheaps se bousculent pour reprendre en entier ou par morceaux cette enseigne qui a encore une bonne image et qui a banalisé à la fois le vichy et le gros sac en plastique renforcé.

Enfin, bonne nouvelle d'aujourd'hui, la France (comprendre : une entreprise française) récupère des marques étrangères et pourtant appréciées de tous : Malabar, Carambar, Rochers Suchard, Poulain, Krema, La Pie Qui Chante, Pastilles Vichy... Au lieu de se faire intoxiquer par des bonbons immigrés même si les usines sont en France, nous pourrons nous plonger dans les délices de la confiserie française. Le bonbon patriotique, il n'y a que ça de vrai !

lundi 1 mai 2017

Premier mai, fleurs, soleil et... Madrid

J'étais il y a peu, les lecteurs fidèles s'en souviendront, en épousailles donc en voyage de noces, àdonques. Ola. A Madrid, rien de moins. Je vous narre donc en ce beau jour de fête quelques histoires madrilènes, entre deux photos.

L'architecture à Madrid est très hétéroclite. Ici une petite maison très meringuée typique de certaines rues, à Chueca, quartier très hétéroclite par ailleurs. Ca dégouline comme la confiture mais la pierre est belle et très lumineuse.

Les madrilènes aiment le monumental, pour la justice ou l'armée, ce qui a longtemps été la même chose. Derrière ces grilles, de la verdure et des palais. Devant ? Des touristes.

Le musée du Prado reste un incontournable pour ses Vélasquez et ses Goya. Il y a en ce moment une exposition sur l'Amérique hispanique, dont je ne retiens que cette carte de l'Afrique (zoomez) aux grands moments de la conquête, de l'esclavage et de la richesse de l'Espagne. Et à propos de Goya n'oubliez pas, si vous allez à Madrid, de visiter absolument le tombeau de Goya, petite chapelle loin de tout, décorée de peintures et de trompe-l'oeil du peintre, avant sa période noire et terrifiante.

A côté du Prado, le jardin botanique (royal of course). Des rhododendrons de toutes les couleurs et plein de plantes bizarres, y compris une superbe collection de Bonsaï, dont certains ont été tellement torturés qu'ils en font mal aux tripes.

Dans ce même jardin, une serre. Tropicale évidemment. On y ressent une moiteur certaine et une profondeur de champ aussi étroite que dans une vraie forêt africaine.

Il y a tellement de parcs à Madrid. Paris est ridicule à côté. Certains arbres ont aussi été bien torturés et ont pris des formes dérangeantes. Ni françaises ni anglaises. Madrilènes !

Mais il n'y a pas que des arbres à Madrid. Il y a des salles de spectacle bondées et des habitants joviaux et souriants. Une ville où il fait bon se balader à toute heure (surtout la nuit because la vie et la chaleur) dans un sentiment de sécurité qui fait du bien, aux français que nous sommes. Sentiment illusoire et éphémère peut-être, mais bien réel.

Le monument à Cervantès représente deux personnages bien connus Macroñ y Mélecchoñ Don Quichotte et Sancho Panza. Il est facile à trouver.

Pas comme ce petit bar à Tapas. Authentique et sans touristes. Bon, aussi. Pour le découvrir, nous avons eu de la chance. En nous promenant pour aller voir Rossinante, nous avons décidé de suivre trois vieux messieurs qui marchaient tranquillement dans la rue. L'un d'eux, avait un chapeau noir, l'autre des cheveux blancs et le troisième était un peu chauve. Des vieux locaux, s'attardant devant certaines devantures et discutant en marchant d'un pas lent mais décidé. Ils passaient par des petites rues tranquilles, sans touristes, et allaient à peu près dans notre direction initiale. C'est agréable de se promener comme cela derrière trois cicérones inconscients de notre présence. 
Nous essayions de deviner où ils allaient.
Ils sont arrivés sur cette grande place et puis ils ont tourné à gauche, après au moins un kilomètre ou deux. Nous voulions aller à droite. Nous avons hésité. Que faire ?
Mais après vingt mètres, ils sont entrés dans ce bar à Tapas.
Qu'auriez-vous fait ? Nous y sommes entrés aussi, pour un repas superbe, simple et bon. Parfait.
Merci messieurs.

A propos d'art, cette jolie carte d'Europe vous plaira peut-être. Chaque pays/nation y est représenté par un tableau symbole de ses musées. Pour l'Espagne, c'est Guernica de Picasso et nous avons justement eu la chance de voir l'expo Guernica, 80 ans après. Le tableau lui-même évidemment, impressionnant, mais aussi des études préalables, des influences antérieures et postérieures. Une petite expo, mais très marquante.

Madrid c'est aussi le flamenco. On n'est pas en Andalousie, mais Madrid est la capitale de la musique et les meilleurs danseurs et musiciens de flamenco y passent. Une photo de la scène avant - ou après. Car avant le flamenco, et après, c'est déjà et encore du flamenco. Une danse qui résonne au plus profond et qui fait vibrer tout ce qui peut vibrer en vous. 
Avec un verre de vin, évidemment. 
C'est mieux.

Autre spectacle, avec du tango argentin. Avant le récital. Remarquez bien plusieurs détails : les vieilles espagnoles botoxées au premier rang ; les verres de vin rouge à côté de la chanteuse et des musiciens (guitare, violoncelle, contrebasse et piano) ; la belle salle de musique tout en bois acoustique - la salle de l'école de musique à côté de l'Opéra. 
Le tango, c'est triste à pleure, mais c'est beau.

Et pour rester dans l'art, une expo Escher en visite à Madrid. Certainement pour y retrouver cet immeuble eschérien permanent et très métamorphosé...

et pour y jouer à Escher lui-même en incrustation. Votre serviteur en grouillot.

Madrid vu d'en haut. D'un Roof Top branché comme disent les jeunes. Histoire d'admirer les madrilènes en train de rêver travailler.

Avec vue sur le Prado et ses toits derrière les arbres.

Un voyage de noces n'est évidemment pas un voyage comme les autres, mais Madrid est une superbe capitale. On a envie d'y revenir, d'y manger des tapas, d'y déambuler dans ses rues très différentes d'un quartier à l'autre, d'y faire des emplettes typiques, comme chez Maty pour les éventails et accessoires de flamenco, de respirer l'air et les sourires des madrilènes. Il parait en plus que l'extrême droite est pratiquement inconnue en Espagne. Une autre qualité, non ?